Retour à la fiche
    Question d'oral

    Stoïcisme : que veut dire “ce qui dépend de nous” et comment éviter la caricature du stoïcien “froid” ?

    Réponse d'oral

    Dans le stoïcisme, « ce qui dépend de nous » désigne l’usage de notre jugement et nos choix, non la maîtrise des événements ; le stoïcien n’est donc pas un être « froid », mais quelqu’un qui apprend à répondre justement à ce qui arrive. Au début de son Manuel, composé au IIe siècle après J.-C., Épictète distingue nos opinions, nos désirs et nos décisions de ce qui échappe à notre pouvoir : la réputation, la richesse, la santé ou le comportement des autres. Cette distinction ne signifie pas que nous ne pouvons rien changer. Elle rappelle que nous pouvons agir sans garantir le résultat. Pour un examen, par exemple, travailler sérieusement relève de notre engagement ; obtenir une certaine note dépend aussi du sujet et du correcteur.
    La caricature du stoïcien « froid » confond maîtrise du jugement et absence d’émotion. Une mauvaise nouvelle peut provoquer un choc, des larmes ou de la peur : ces premiers mouvements ne sont pas des fautes. L’enjeu est de ne pas transformer automatiquement cette réaction en verdict définitif : « Tout est perdu. » Les stoïciens ne cherchent pas à supprimer toute affection. Ils valorisent aussi la joie, la bienveillance et le souci des autres. Leur idéal implique la justice, pas l’indifférence : face à une personne malade, il faut aider, même si la guérison n’est pas entre nos mains. Cette manière de vivre invite finalement à se demander comment rester pleinement engagé sans exiger que le monde obéisse à nos souhaits.