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    Question d'oral

    “J’accuse…!” (1898) : pourquoi ce texte est-il devenu un symbole du rôle politique de la presse ?

    Réponse d'oral

    « J’accuse… ! » (1898) est devenu un symbole du rôle politique de la presse parce qu’Émile Zola utilise un journal pour dénoncer une injustice d’État et obliger le pouvoir à rendre des comptes. Le 13 janvier 1898, il publie dans L’Aurore une lettre ouverte au président de la République, Félix Faure. Il y défend Alfred Dreyfus, un officier juif condamné à tort pour trahison en 1894, dans un climat d’antisémitisme. Zola accuse des responsables militaires et judiciaires d’avoir participé à cette erreur ou de l’avoir couverte. Le numéro est tiré à environ 300 000 exemplaires : l’affaire dépasse désormais les tribunaux et entre dans le débat public.
    Cette intervention montre que la presse peut agir comme un contre-pouvoir. Elle ne se contente pas de raconter les décisions des autorités : elle les conteste et mobilise les citoyens. Zola prend un risque calculé. Poursuivi pour diffamation, il cherche à faire du procès une occasion de discuter publiquement les preuves. Mais « J’accuse… ! » relève aussi de l’engagement : c’est une accusation argumentée, pas un compte rendu neutre. La distinction entre information et opinion reste donc essentielle.
    Enfin, l’affaire révèle une presse profondément divisée. Certains titres défendent Dreyfus, tandis que d’autres alimentent l’antisémitisme et la condamnation populaire. Les journaux peuvent ainsi combattre l’injustice, mais aussi renforcer les préjugés. Dreyfus sera finalement réhabilité en 1906. Cet épisode invite encore à se demander comment une presse engagée peut défendre une cause sans renoncer à la vérification des faits.