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    Question d'oral

    Le nucléaire est-il encore le « grand stabilisateur » des rivalités ou un facteur d’instabilité (prolifération, doctrines) ?

    Réponse d'oral

    Le nucléaire reste un « grand stabilisateur » des rivalités entre puissances, mais la prolifération et l’évolution des doctrines en font aussi un facteur d’instabilité. Son principe est simple : attaquer un État capable de riposter par une frappe dévastatrice devient un pari presque suicidaire. C’est la dissuasion nucléaire. Elle ne supprime pas les conflits, mais augmente considérablement le coût d’une guerre directe. En octobre 1962, pendant la crise des missiles de Cuba, les États-Unis et l’URSS ont finalement choisi le compromis plutôt que l’affrontement. Cependant, cet épisode montre aussi que la stabilité peut dépendre de décisions humaines prises dans l’urgence.
    Le paradoxe, c’est que la peur d’une guerre nucléaire peut laisser davantage de place aux affrontements conventionnels. Depuis l’invasion de l’Ukraine, le 24 février 2022, l’arsenal russe contribue à dissuader une intervention militaire directe de l’OTAN, sans empêcher les combats ni l’aide occidentale à Kyiv. Le nucléaire protège donc contre certaines attaques, mais peut aussi couvrir une politique agressive. Les doctrines envisageant un emploi limité d’armes nucléaires rendent cette frontière plus dangereuse : rien ne garantit qu’une première frappe resterait limitée.
    Enfin, la prolifération multiplie les acteurs, les risques d’erreur et les difficultés de communication. La rivalité désormais triangulaire entre Washington, Moscou et Pékin complique aussi les accords de maîtrise des armements. Le nucléaire stabilise donc surtout lorsque les adversaires comprennent leurs limites respectives et maintiennent le dialogue. La vraie question est alors de savoir combien de temps la peur peut tenir lieu de sécurité collective.