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    Question d'oral

    Qu’est-ce qu’une stratégie de « zones grises » : pourquoi brouille-t-elle la frontière paix/guerre ?

    Réponse d'oral

    Une stratégie de « zones grises » consiste à mener des actions hostiles en restant sous le seuil d’une guerre ouverte : elle brouille la frontière entre paix et guerre parce qu’elle permet d’affaiblir un adversaire sans déclencher une confrontation militaire directe. Le but est d’obtenir des gains politiques, territoriaux ou économiques tout en limitant le risque de riposte. Cela passe par des cyberattaques, des campagnes de désinformation, des pressions économiques ou l’emploi de forces sans insignes. Ces moyens ne sont pas tous nouveaux. Leur combinaison permet de maintenir une ambiguïté sur l’auteur de l’attaque, ses intentions et la gravité de ses actes.
    En février-mars 2014, lors de la prise de contrôle de la Crimée, la Russie déploie des soldats sans insignes, surnommés les « petits hommes verts ». Moscou nie d’abord leur appartenance à l’armée russe, avant de la reconnaître. Cette opération crée un fait accompli tout en compliquant la réaction ukrainienne et occidentale. En mer de Chine méridionale, la Chine mobilise notamment ses garde-côtes et une milice maritime pour renforcer sa présence et faire pression sur les navires étrangers, sans engager systématiquement sa marine de guerre.
    Le mécanisme repose donc sur un dilemme de riposte : ne pas répondre laisse l’adversaire progresser ; répondre militairement risque de provoquer une escalade. La zone grise n’est pourtant pas un vide juridique : certaines actions peuvent constituer un recours illégal à la force, voire relever d’un conflit armé. Comment défendre la paix lorsque l’adversaire cherche précisément à rendre la guerre difficile à nommer ?