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    Question d'oral

    Faut-il craindre un « piège de Thucydide » : comment éviter l’escalade entre puissance dominante et puissance montante ?

    Réponse d'oral

    Il faut craindre un « piège de Thucydide » entre puissance dominante et puissance montante, mais l’escalade n’est pas une fatalité : elle peut être évitée par la dissuasion, le dialogue et des compromis précis. L’expression, popularisée par Graham Allison, renvoie à l’analyse de Thucydide : la montée d’Athènes et la peur qu’elle inspirait à Sparte auraient rendu la guerre inévitable. Aujourd’hui, le parallèle vise surtout les États-Unis et la Chine. Washington veut préserver sa prééminence ; Pékin souhaite accroître son influence. Le danger apparaît lorsque chaque mesure présentée comme défensive par l’un devient une menace aux yeux de l’autre.
    Taïwan concentre ce risque. En août 2022, la visite de Nancy Pelosi sur l’île a été suivie de vastes exercices militaires chinois autour de celle-ci. Un incident naval ou aérien pourrait alors provoquer une réaction en chaîne. Pourtant, posséder davantage de missiles ou de semi-conducteurs ne suffit pas à imposer sa volonté : la puissance est une relation, qui dépend aussi des alliances, de la confiance et des réactions adverses. Les échanges économiques augmentent le coût d’une guerre, sans garantir la paix.
    Pour éviter l’escalade, il faut combiner dissuasion et dialogue : maintenir des canaux militaires directs, établir des procédures contre les incidents et clarifier les intentions sans multiplier les ultimatums. Il faut aussi préserver des coopérations sur le climat ou la santé, malgré les désaccords. Ce mélange de fermeté et d’ouverture relève du smart power. Reste une question décisive : comment faire une place à une puissance montante sans sacrifier la sécurité ni la liberté de ses voisins ?