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    Question d'oral

    Multivers : quelles hypothèses théoriques y conduisent, et pourquoi la question de la testabilité est-elle centrale ?

    Réponse d'oral

    Le multivers apparaît dans plusieurs hypothèses théoriques, mais sa testabilité est centrale : pour relever de la science, ces hypothèses doivent pouvoir être confrontées à des observations, au moins indirectement. L’idée est que notre Univers observable ne serait qu’une partie d’une réalité beaucoup plus vaste. Attention : ce n’est aujourd’hui ni un fait établi ni une théorie unique.
    Une première piste vient de l’inflation éternelle. L’inflation désigne une expansion extrêmement rapide de l’Univers primordial. Dans certains modèles, elle s’arrête localement, mais continue ailleurs : des régions comparables à des « univers-bulles » pourraient ainsi se former. Une deuxième piste vient de la théorie des cordes, qui autorise de très nombreuses configurations possibles, avec des propriétés physiques différentes. Associée à l’inflation éternelle, cette diversité pourrait correspondre à des univers distincts. Enfin, l’interprétation quantique des « mondes multiples », proposée par Hugh Everett en 1957, décrit des branches où se réalisent différents résultats quantiques. Ce n’est toutefois pas le même multivers que celui des bulles cosmologiques.
    La difficulté est simple : comment tester l’existence d’univers dont aucun signal ne nous parvient ? Certains chercheurs cherchent d’éventuelles traces de collisions entre bulles dans le rayonnement fossile, cette lumière émise environ 380 000 ans après le Big Bang. Aucune trace convaincante n’a été établie. Une hypothèse peut aussi gagner en crédibilité si elle découle d’une théorie testée par ailleurs, sans que cela prouve toutes ses conséquences. Le véritable enjeu est donc de distinguer une possibilité mathématique séduisante d’une explication qui risque d’être démentie par les faits. Jusqu’où la science peut-elle parler de ce qu’elle ne peut pas observer ?