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    Question d'oral

    Les médias et les réseaux sociaux fabriquent-ils des champions… ou des célébrités ?

    Réponse d'oral

    Les médias et les réseaux sociaux fabriquent surtout des célébrités, mais ils contribuent aussi à faire des champions des légendes. Un champion se construit d’abord par l’entraînement, la compétition et des résultats reconnus. Sa visibilité ne remplace pas sa performance. Un million d’abonnés ne vaut pas une médaille olympique. En revanche, les médias choisissent les exploits qu’ils montrent, les rivalités qu’ils racontent et les personnalités qu’ils mettent en avant. Ils ne créent donc pas nécessairement la victoire, mais ils lui donnent une portée collective.
    Il faut ainsi distinguer le record homologué du récit qui l’entoure. Une performance doit respecter des règles précises : matériel autorisé, mesure fiable, contrôles et conditions réglementaires. Une vidéo spectaculaire ne suffit pas à établir un record. Mais les chiffres seuls n’expliquent pas la naissance d’une légende sportive. À Montréal, en 1976, Nadia Comăneci obtient le premier 10 de l’histoire de la gymnastique olympique. Le tableau d’affichage, incapable d’indiquer cette note, affiche « 1.00 ». Cette image transforme une réussite sportive en souvenir partagé : les médias rendent l’exploit mémorable.
    Les réseaux sociaux accélèrent ce mécanisme. Un athlète peut raconter son quotidien, trouver des sponsors et faire connaître une discipline peu diffusée. Cette visibilité peut financer sa progression. Mais elle récompense aussi la provocation, l’apparence ou la mise en scène, parfois davantage que les résultats. Champion et célébrité peuvent donc se confondre, sans être synonymes. La vraie question devient alors celle de notre regard : admirons-nous davantage ce qu’un sportif accomplit ou ce qu’il nous fait voir ?