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    Question d'oral

    “Science sans conscience” : comment relier Renaissance, éducation et questions éthiques contemporaines (IA, biotech, data) ?

    Réponse d'oral

    « Science sans conscience » relie la Renaissance, l’éducation et les questions éthiques contemporaines par une idée simple : le savoir doit s’accompagner d’un jugement sur ses usages. Dans Pantagruel, publié en 1532, Rabelais écrit : « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme. » Gargantua adresse cette recommandation à son fils dans une lettre consacrée à son éducation. La « science » désigne ici le savoir au sens large. La conscience possède aussi une dimension chrétienne : il ne suffit pas de connaître, il faut orienter ses connaissances vers le bien. L’humanisme défend ainsi une formation complète, associant langues anciennes, sciences et réflexion morale.
    Cette ambition éclaire nos débats sur l’intelligence artificielle, les biotechnologies et les données personnelles. Une IA peut faciliter un diagnostic, mais aussi reproduire des discriminations si ses données d’apprentissage sont biaisées. Modifier un génome peut aider à soigner, mais pose des questions de consentement et de conséquences pour les générations futures. En 2018, le chercheur chinois He Jiankui a annoncé la naissance de jumelles dont il avait modifié le génome : la possibilité technique ne suffisait pas à justifier l’intervention. Quant aux données personnelles, leur collecte peut améliorer un service tout en menaçant la vie privée.
    L’éducation doit donc former à la fois des compétences techniques et un esprit critique. Cela signifie apprendre à vérifier une information, comprendre les limites d’un outil et discuter de ses effets sur autrui. Mais la conscience individuelle ne suffit pas : des règles et un contrôle collectif sont nécessaires. Reste à décider ensemble quels progrès méritent vraiment ce nom.