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    Question d'oral

    Que révèle la bataille autour du Nutri-Score sur les rapports entre science et intérêts économiques ?

    Réponse d'oral

    La bataille autour du Nutri-Score révèle que les rapports entre science et intérêts économiques sont tendus dès qu’une mesure de santé publique peut modifier les achats et les profits. Adopté en France en 2017, ce logo classe les aliments de A à E, du vert au rouge, selon leur composition nutritionnelle. Il permet de comparer rapidement des produits, notamment au sein d’une même catégorie. Son objectif relève de la prévention primaire : aider à mieux manger avant que certaines maladies apparaissent. Mais il ne résume pas toute la qualité d’un aliment : il n’évalue pas directement son degré de transformation et ne remplace pas une alimentation variée.
    Pourquoi suscite-t-il autant de résistances ? Parce qu’une lettre défavorable peut fragiliser l’image d’une marque. Certains industriels contestent donc le calcul, défendent leurs spécialités ou refusent d’afficher ce logo, qui reste volontaire à l’échelle européenne. D’autres y voient un avantage commercial et modifient leurs recettes pour obtenir une meilleure note, par exemple en réduisant le sel. Les intérêts économiques ne s’opposent donc pas toujours à la prévention : les règles peuvent aussi les orienter. Toutefois, une critique scientifique légitime ne doit pas être confondue avec une stratégie visant à retarder une décision gênante.
    Enfin, cette bataille rappelle que l’information ne suffit pas à réduire les inégalités de santé. Comprendre qu’un produit est mieux classé ne donne ni le budget ni le temps nécessaires pour mieux manger. La science éclaire les choix publics, mais la décision doit aussi garantir l’indépendance de l’expertise et rendre les aliments favorables à la santé accessibles. Jusqu’où faut-il alors transformer l’offre alimentaire plutôt que compter sur les seuls choix individuels ?