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    Question d'oral

    Explique la définition OMS de la santé (1946) : que gagne-t-on et que perd-on à définir la santé comme “bien-être” ?

    Réponse d'oral

    Définir la santé comme un « bien-être », comme le fait l’OMS en 1946, permet de dépasser la seule absence de maladie, mais risque de transformer la santé en idéal impossible à atteindre. Selon cette définition, la santé est « un état de complet bien-être physique, mental et social ». On gagne donc une vision globale de la santé : une personne ne se résume pas au fonctionnement de ses organes. Son équilibre psychologique, ses relations et ses conditions de vie comptent aussi. Une personne sans maladie diagnostiquée, mais isolée et vivant dans un logement insalubre, n’est pas nécessairement en bonne santé.
    Cette approche élargit les responsabilités de la santé publique. Soigner reste essentiel, mais il faut aussi prévenir les souffrances et agir sur leurs causes sociales. Par exemple, pendant la pandémie de Covid-19, en 2020, protéger la population ne consistait pas seulement à éviter les infections : il fallait aussi tenir compte de la détresse psychologique et des effets de l’isolement. La définition de l’OMS aide ainsi à rendre visibles des besoins que les seuls examens médicaux ne mesurent pas.
    Mais le mot « complet » pose problème. Qui connaît durablement un bien-être parfait ? On risque de considérer toute tristesse ou difficulté comme un problème médical : c’est la médicalisation de la vie. On perd aussi une frontière claire entre santé et bonheur, alors que le bien-être varie selon les personnes. Une personne atteinte d’une maladie chronique peut pourtant mener une vie satisfaisante. Ne faudrait-il donc pas définir aussi la santé comme la capacité à vivre et à agir malgré ses fragilités ?