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    Question d'oral

    Qu'est-ce que l'ubérisation et que change la directive européenne de 2024 ?

    Réponse d'oral

    L’ubérisation désigne la transformation d’un secteur par des plateformes numériques qui mettent en relation clients et travailleurs ; la directive européenne de 2024 renforce les droits de ces travailleurs, notamment face au faux travail indépendant. Le mot vient d’Uber, qui organise des courses sans employer directement la plupart des chauffeurs. Le modèle promet un service rapide et une grande souplesse. Mais la plateforme peut fixer les prix, distribuer les missions et sanctionner les travailleurs par une désactivation de leur compte. L’indépendance affichée peut donc masquer une dépendance réelle.
    La directive du 23 octobre 2024 introduit une présomption légale de salariat lorsque des faits révèlent une direction et un contrôle de la plateforme, selon le droit et les pratiques nationales. Cela ne transforme pas automatiquement tous les livreurs et chauffeurs en salariés. En revanche, lorsque cette présomption s’applique, c’est à la plateforme de prouver que la relation n’est pas salariée. L’enjeu est concret : accéder aux droits associés au salariat, comme les congés payés ou les protections contre le licenciement. Les États membres doivent transposer ces règles au plus tard le 2 décembre 2026.
    La directive encadre aussi la gestion algorithmique : davantage de transparence, une surveillance humaine et la possibilité de contester certaines décisions automatisées. Par exemple, un livreur doit pouvoir obtenir une explication humaine sur une décision affectant son compte. Derrière le récit de l’entrepreneur libre, l’ubérisation pose ainsi une question collective : comment conserver la souplesse du numérique sans transférer tous les risques sur ceux qui travaillent ?