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Question d'oral
Effet Kuleshov : que prouve-t-il sur le rôle du spectateur dans la fabrication du sens ?
Réponse d'oral
L’effet Kuleshov prouve que le spectateur participe à la fabrication du sens : il ne reçoit pas simplement les images, il les relie et les interprète. Le montage guide cette activité. Un même visage, avec une expression neutre, semble exprimer des émotions différentes selon le plan placé à côté. Autrement dit, le sens ne réside pas seulement dans chaque image : il naît aussi de leur rapprochement et du travail mental du public.L’expérience traditionnellement attribuée au cinéaste soviétique Lev Kuleshov, autour de 1920, repose sur un exemple célèbre. Un même plan du visage de l’acteur Ivan Mosjoukine est associé successivement à une assiette de soupe, à un enfant mort dans un cercueil et à une femme allongée. Le spectateur croit alors lire sur ce visage la faim, la tristesse ou le désir. Pourtant, l’expression de l’acteur reste identique. Même si les détails historiques de cette expérience sont discutés, son principe est clair : le contexte transforme notre perception d’une image.Le spectateur est donc un interprète actif. Il suppose un lien entre les plans, imagine ce que regarde le personnage et lui attribue une intention. Aujourd’hui encore, montrer un visage puis une porte qui grince suffit à faire naître l’attente d’un danger. Le cinéma utilise ainsi notre besoin de cohérence pour produire des émotions, parfois pour nous tromper. Cette puissance du montage invite aussi à se demander comment les images d’information orientent nos jugements.
