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Question d'oral
La place du texte a-t-elle disparu dans le théâtre post-dramatique, ou s'est-elle simplement transformée ?
Réponse d'oral
La place du texte n’a pas disparu dans le théâtre post-dramatique : elle s’est transformée, car le texte ne commande plus nécessairement tout le spectacle. Cette notion, théorisée par Hans-Thies Lehmann en 1999, rassemble des pratiques qui remettent en cause la domination de l’histoire et des dialogues. Dans le théâtre dramatique traditionnel, les paroles permettent généralement de construire des personnages et de faire avancer une intrigue. Dans le théâtre post-dramatique, elles peuvent encore remplir ces fonctions, mais ce n’est plus une obligation. Le texte devient un matériau scénique parmi d’autres, à côté des corps, de la musique, des images et de la lumière.Ce changement permet de transgresser les genres, notamment les frontières entre théâtre et danse. Dans Café Müller, créé par Pina Bausch en 1978, des corps évoluent au milieu de chaises, se heurtent, s’enlacent et répètent leurs gestes. L’émotion se construit sans passer par des dialogues qui expliqueraient une histoire. D’autres spectacles conservent au contraire beaucoup de paroles, mais les présentent sous forme de fragments, de répétitions ou de voix enregistrées. Les mots comptent alors autant pour leur rythme et leur sonorité que pour leur signification.Il faut donc distinguer la disparition du texte de la perte de sa primauté. Le spectateur ne suit plus forcément un récit déjà organisé : il relie lui-même ce qu’il entend et ce qu’il voit. Cette liberté peut dérouter, mais elle renouvelle l’expérience théâtrale. Une parole devient-elle moins puissante lorsqu’elle cesse de tout expliquer ?
Autres questions
1.En quoi le théâtre post-dramatique se distingue-t-il fondamentalement du drame aristotélicien ?3.Quelle est la nouvelle "responsabilité" du spectateur face à une œuvre post-dramatique ?4.Peut-on encore parler de "personnage" sur la scène contemporaine ? Si non, par quoi est-il remplacé ?5.Le théâtre post-dramatique est-il nécessairement un théâtre politique ?
