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Question d'oral
Le retour de l'homme fort menace-t-il la démocratie (Levitsky et Ziblatt) ?
Réponse d'oral
Le retour de l’homme fort menace la démocratie lorsqu’un dirigeant élu affaiblit les règles qui limitent son pouvoir, comme l’expliquent Steven Levitsky et Daniel Ziblatt. Dans La Mort des démocraties, publié en 2018, ces politistes montrent qu’une démocratie peut disparaître sans coup d’État. Le basculement se fait progressivement : attaques contre les juges, pressions sur les médias, adversaires présentés comme des ennemis. Le chef affirme incarner seul le peuple. Dès lors, toute opposition devient, à ses yeux, illégitime.Trump, Poutine et Xi Jinping ne gouvernent pourtant pas dans des systèmes équivalents. Aux États-Unis, Trump évolue dans une démocratie où subsistent des contre-pouvoirs, malgré les pressions qu’ils subissent. Son refus de reconnaître sa défaite en 2020, puis l’assaut du Capitole par ses partisans le 6 janvier 2021, illustrent le danger du rejet des règles électorales. En Russie, Poutine a consolidé un régime autoritaire : les élections ne permettent plus une compétition libre et équitable. En Chine, Xi dirige une dictature de parti unique, et non une démocratie devenue autoritaire. En 2018, la suppression de la limite des mandats présidentiels a renforcé la personnalisation du pouvoir.Pour Levitsky et Ziblatt, les institutions ne suffisent donc pas. La démocratie dépend aussi de la tolérance mutuelle : accepter que l’adversaire ait le droit de gouverner. Elle exige également de ne pas exploiter toutes les possibilités légales pour écraser ses concurrents. Un pouvoir efficace n’est pas nécessairement un pouvoir sans limites. Reste à comprendre pourquoi, face aux crises, une partie des citoyens préfère parfois la promesse d’un sauveur aux garanties de la liberté.
