Le vêtement politique : uniforme, voile, streetwear, identités et soft power

    Notion
    8 min de lecture1789 – aujourd'hui

    Le vêtement parle avant la parole : le bonnet phrygien et les sans-culottes, la chemise noire et la chemise brune, le khadi de Gandhi, le col Mao, le keffieh, le voile (interdit à l'école en 2004, l'abaya en 2023, le burkini, le sport en 2025), le hoodie de Trayvon Martin, le gilet jaune, le pussy hat, l'uniforme scolaire (expérimenté en 2024), le costume de Zelensky en treillis, la casquette MAGA, le streetwear devenu luxe. La mode est un langage politique (Barthes), un instrument de pouvoir (Foucault : les uniformes), un marqueur d'identité (le genre, la religion, la classe, la nation) et une diplomatie (le soft power de Paris et de Séoul). Cette fiche donne les concepts, les cas et les débats de la dernière frontière de la mode : le sens.

    Définition

    Le vêtement politique est l'usage du vêtement comme signe d'appartenance, de revendication, de pouvoir ou de résistance ; il relève de la sémiologie (Barthes : le vêtement signifie), de la sociologie (Simmel, Bourdieu : il classe), de l'histoire (Roche, La Culture des apparences, 1989 ; Perrot, Les Dessus et les dessous de la bourgeoisie, 1981), de la science politique (le vêtement comme discours, mobilisation, répression) et du droit (les lois sur les tenues : les lois somptuaires, les interdictions, les uniformes). Ses formes : l'uniforme (militaire, scolaire, professionnel : l'égalité et la discipline, Foucault ; l'uniforme scolaire expérimenté en France 2024-2026 dans 100 établissements, la « tenue unique », contre les marques et pour la laïcité), le costume du pouvoir (le costume-cravate depuis 1800, l'abandon de la cravate : Tsípras, Zelensky en treillis depuis 2022, Trump et la cravate rouge, Macron et le col roulé de 2022 pour la sobriété énergétique, Sánchez sans cravate 2023 pour économiser la climatisation), le vêtement révolutionnaire (le bonnet phrygien et les sans-culottes 1789, la chemise rouge de Garibaldi, la chemise noire fasciste 1922, la chemise brune nazie, le col Mao, le khadi de Gandhi (le tissu filé à la main contre le coton anglais, 1920), le béret du Che, le keffieh palestinien (Arafat, puis les manifestations pro-Gaza 2023-2025 : interdit dans certaines enceintes), le pussy hat rose de la Women's March 2017, le gilet jaune 2018 (l'objet obligatoire dans les voitures devenu drapeau), le hoodie (Trayvon Martin 2012 : « le hoodie est la nouvelle capuche KKK », dit Geraldo Rivera ; BLM), les t-shirts à message (Katharine Hamnett et Thatcher 1984 : « 58 % don't want Pershing » ; Dior 2016 : « We should all be feminists »), la casquette MAGA (Trump 2016 : le rouge, le vêtement de ralliement le plus vendu de l'histoire politique), les foulards verts argentins (l'avortement, 2018), le voile blanc iranien (« Femme, vie, liberté », 2022 : les cheveux découverts comme révolte)), le vêtement religieux (le voile islamique : le hijab, le niqab, la burqa, l'abaya, le burkini ; la kippa, la croix, le turban sikh ; la France : la loi du 15 mars 2004 (signes ostensibles interdits à l'école publique), la loi du 11 octobre 2010 (dissimulation du visage dans l'espace public), la loi de 2021 (séparatisme), la circulaire sur l'abaya (31 août 2023, validée par le Conseil d'État), les arrêtés anti-burkini (2016, annulés ; Grenoble 2022, suspendu), le voile dans le sport (interdit par les fédérations de football et de basket, validé par le Conseil d'État 2023 ; la proposition de loi sénatoriale de 2025 pour toutes les compétitions), le voile des accompagnatrices scolaires (débat récurrent), les mères voilées, le voile aux JO 2024 (interdit pour les athlètes françaises, autorisé pour les étrangères : la « French exception ») ; ailleurs : l'Iran (obligatoire depuis 1983, la police des mœurs, Mahsa Amini 2022), l'Arabie (l'abaya assouplie 2019), la Turquie (interdit puis autorisé 2013), l'Allemagne, le Québec (la loi 21 de 2019), les Pays-Bas, la Belgique), le vêtement identitaire (le genre : fiche MODE-008 ; la classe : le bleu de travail, le costume, les baskets ; la région : le kilt, la coiffe bretonne ; la nation : le kimono, le sari (Modi et la « décolonisation » de la mode indienne), le hanbok, le boubou, le « made in France » ; la race et la diaspora : le durag, l'afro, les cornrows, l'appropriation culturelle : les tresses de Kim Kardashian, la robe qipao d'une lycéenne américaine 2018, Gucci et le « blackface » 2019, Dior et le sari), le vêtement des jeunes (les sous-cultures : Hebdige ; le streetwear (le hip-hop, les baskets, Supreme, Off-White, Abloh chez Vuitton 2018 : la rue devenue luxe) ; les codes des cités (la doudoune, le survêtement, la banane, la casquette : le « style banlieue » stigmatisé puis vendu par Balenciaga) ; le « look » comme identité : goth, emo, K-pop), le soft power (la France et Paris (le luxe comme diplomatie, les dîners d'État, Brigitte Macron en Vuitton, la « diplomatie du sac »), l'Italie, la Corée (le hallyu : les idols ambassadeurs, la K-fashion), la Chine (le hanfu et le guochao), le Golfe (Riyad Fashion Week 2024), l'Ukraine (le treillis de Zelensky comme communication : refus de la cravate face à Trump, février 2025 : « je mettrai un costume quand la guerre sera finie »)), le corps politique (le nu comme protestation : les Femen ; le voile comme corps politique ; les cheveux : l'afro, le hijab, les coupes militaires ; les tatouages).

    Contexte

    L'Ancien Régime et la Révolution. Les lois somptuaires (Philippe le Bel, Louis XIV : le vêtement fixe le rang, la soie interdite aux roturiers), les costumes d'ordres (le clergé, la noblesse, le tiers en noir aux États généraux de 1789), la Révolution abolit (la liberté du costume, 29 octobre 1793) et invente ses signes (la cocarde tricolore obligatoire, le bonnet phrygien, le pantalon des sans-culottes contre la culotte, la carmagnole, le costume de David) ; la Terreur surveille les habits ; le Directoire relâche (les Incroyables et Merveilleuses) ; Napoléon rétablit le costume de cour ; le XIXe siècle bourgeois impose le costume sombre (Flügel : la « grande renonciation » masculine, le noir comme égalité et sérieux) et la mode féminine comme signe de la fortune du mari (Veblen).
    Le XXe siècle des uniformes. Les régimes totalitaires habillent (la chemise noire de Mussolini, la chemise brune de la SA, l'uniforme des Jeunesses hitlériennes, le col Mao et le bleu de la Chine, les vestes Kim en Corée du Nord : l'uniformité comme idéologie), les décolonisations déshabillent (Gandhi en dhoti à Buckingham 1931 : « le roi portait assez pour nous deux » ; le boubou de Senghor, l'abacost de Mobutu (« à bas le costume », 1972), le costume Nehru), les mouvements se vêtent (les zazous 1942, les blousons noirs, les Black Panthers en cuir et béret 1966, les hippies, les punks, le keffieh d'Arafat à l'ONU 1974, les Mères de la place de Mai et leur foulard blanc 1977), les femmes conquièrent (le pantalon interdit à Paris jusqu'en 2013, de fait accepté dans les années 1960 ; la mini-jupe ; le voile qui tombe en Iran sous le Shah puis revient obligatoire 1983).
    La France et le voile (1989-2025). Creil (1989 : trois collégiennes, l'avis du Conseil d'État autorisant le voile sauf prosélytisme), quinze ans de débat, la commission Stasi (2003), la loi du 15 mars 2004 (les signes « ostensibles » interdits à l'école publique : le voile, la kippa, les grandes croix), la loi de 2010 (le visage), le burkini (2016 : Cannes, Nice, les arrêtés annulés par le Conseil d'État : « l'émotion ne justifie pas »), les accompagnatrices (2019), l'abaya (2023 : Attal l'interdit comme signe religieux « par destination », 300 élèves refusées), le sport (le Conseil d'État valide l'interdiction par la FFF 2023 ; les JO 2024 ; le Sénat vote l'interdiction dans toutes les compétitions en 2025), le débat permanent (la laïcité stricte contre libérale : fiche SOCI-008 ; les féministes divisées : le voile comme oppression ou comme choix ; la CEDH valide les lois françaises ; les Nations unies critiquent).
    L'ère du signe (2000-2025). Le t-shirt Dior féministe (2016), le pussy hat (2017 : 5 millions de bonnets roses tricotés), le gilet jaune (2018 : l'uniforme le moins cher de l'histoire, le vêtement de sécurité devenu insurrection), les Femen (2008-), les foulards verts (l'Argentine 2018, l'Amérique latine), le hoodie et BLM (2012, 2020), le voile brûlé en Iran (septembre 2022, Mahsa Amini morte pour une mèche), le keffieh (2023-2025 : les universités, les manifestations, les interdictions : l'Assemblée nationale, certains lycées), Zelensky en treillis (2022 : le costume comme guerre, la scène du Bureau ovale du 28 février 2025 : « pourquoi ne portez-vous pas de costume ? »), Macron en col roulé (2022), les uniformes scolaires (2024 : 100 établissements volontaires, la « tenue unique », Attal puis Bayrou ; le bilan mitigé 2025), le streetwear au sommet (Abloh, Pharrell chez Vuitton, Balenciaga vendant le survêtement 1 500 euros : la banlieue comme signe vendu aux riches), l'appropriation culturelle (les tresses, le sari, le kimono de Kim Kardashian « Kimono » 2019 renommé après le tollé japonais), la casquette MAGA (2016-2025 : 50 millions vendues, le vêtement politique le plus efficace du siècle), le K-soft power (les idols habillés par Paris et Séoul), l'IA (les deepfakes de vêtements : le pape en doudoune Balenciaga, mars 2023).

    Mécanismes

    Comment le vêtement fait de la politique. Il rend visible (le gilet, le bonnet, le keffieh : un signe lisible à distance), il unifie (l'uniforme, la couleur : le rouge MAGA, le vert argentin), il transgresse (le pantalon, la mini, le nu, les cheveux découverts), il défie (le hoodie, le voile là où il est interdit, l'absence de cravate devant Trump), il économise (le vêtement est le discours du pauvre : le gilet à 5 euros, le khadi filé), il dure (l'image : Gandhi en dhoti, Arafat en keffieh, Zelensky en treillis restent), il se vend (le t-shirt, la casquette : la politique comme merchandising) ; Barthes : le vêtement est un « signe sans mot » ; Goffman : la présentation de soi ; le vêtement politique est une rhétorique du corps.
    L'uniforme et le pouvoir. Foucault (Surveiller et punir) : l'uniforme discipline (l'armée, l'école, l'hôpital, la prison : le corps docile, l'individu effacé) ; il égalise (l'école japonaise, la « tenue unique » française contre les marques et les tensions religieuses) et hiérarchise (les galons, les couleurs) ; il libère (la femme en uniforme de 1914 sort de la maison) et enferme (l'uniforme nazi, les tenues des détenus) ; le débat français sur l'uniforme scolaire (2024) rejoue les deux (l'égalité contre la liberté ; l'efficacité contestée : les études anglaises ne montrent pas d'effet sur les résultats, un effet léger sur le climat).
    Le voile comme cas limite. Un vêtement religieux (la pudeur, la prescription), identitaire (l'appartenance, la fierté), politique (l'islam politique, le signe de soumission ou de résistance selon les lectures), et juridique (la France interdit dans l'école et l'administration au nom de la neutralité et de la protection des mineures, autorise dans la rue au nom de la liberté ; l'Iran l'impose, la Turquie l'a interdit puis autorisé) ; les féministes divisées (Badinter contre le voile ; les féministes islamiques pour le choix), les sociologues (le voile a plusieurs sens selon les porteuses : la pudeur, la mode, la provocation, la tradition : Göle, Musulmanes et modernes, 1993), les juristes (la CEDH valide les interdictions françaises, l'ONU les critique) ; le voile est le vêtement le plus légiféré du monde.
    Le streetwear et l'inversion. Le hip-hop (1980 : les baskets, les survêtements, les chaînes : le luxe du ghetto), la rue devient tendance (le jean, les sneakers), puis luxe (Supreme × Vuitton 2017, Abloh directeur artistique de Vuitton homme 2018 : le premier Noir américain à ce poste, Balenciaga et le survêtement, la basket à 1 000 euros) ; l'inversion (Simmel renversé : le haut imite le bas), la question (le luxe vend-il la banlieue aux riches ? les jeunes des cités achètent-ils leur propre image à prix d'or ?) ; le streetwear est le vêtement politique de classe devenu marché.

    Enjeux & débats

    1) L'État a-t-il le droit de dire comment s'habiller ? Les lois somptuaires (jusqu'en 1789), la liberté du costume (1793), les interdictions modernes (le voile à l'école, le visage, l'abaya, le burkini ; le short pour les hommes dans certaines mairies ; la nudité), l'uniforme scolaire ; les libéraux (la liberté individuelle, la CEDH : article 9) contre les républicains (la neutralité, l'ordre public, la protection des mineurs) ; la France est le pays qui légifère le plus sur le vêtement ; le débat oppose deux libertés (celle de porter, celle d'être protégé du signe).
    2) Le voile : oppression ou choix ? Les féministes universalistes (Badinter, Halimi : le voile est le signe de la domination, l'interdire libère), les féministes intersectionnelles (le choix des femmes, l'islamophobie de l'interdiction, la double peine des femmes voilées exclues du sport et du travail), les sociologues (les sens multiples), l'Iran (le voile arraché comme liberté) et la France (le voile porté comme liberté) : le même geste, deux sens ; la position honnête : le voile est un signe dont le sens dépend de qui l'impose ; la loi française vise le contexte (l'école, le service public, les mineurs), non le geste.
    3) Faut-il l'uniforme à l'école ? Pour : l'égalité (contre les marques, la fast fashion, les tensions), la laïcité (contre l'abaya), le climat scolaire, la tradition (les écoles privées, le Royaume-Uni, le Japon) ; contre : la liberté, le coût (les familles ou l'État : 200 euros par élève), l'inefficacité (les études britanniques), l'infantilisation, l'illusion (les marques se voient aux chaussures et au téléphone) ; l'expérimentation française (2024-2026) donne des résultats mitigés ; le débat est identitaire plus que pédagogique.
    4) L'appropriation culturelle est-elle un vol ? Les cas (les tresses, le kimono, le sari, les coiffes amérindiennes en festival, le blackface de Gucci 2019, les « dreadlocks » d'un lycéen blanc) ; les critiques (le vol des dominés par les dominants, la marchandisation sans reconnaissance) contre les défenseurs (la mode a toujours emprunté, Poiret et l'Orient, Saint Laurent et l'Afrique ; l'appropriation est un hommage ; la police des origines est un essentialisme) ; le débat américain importé en France ; la position médiane : l'emprunt avec reconnaissance et rémunération (les collaborations : Dior et les brodeurs indiens Chanakya).
    5) Le vêtement peut-il encore résister ? Le gilet jaune, le keffieh, le voile iranien, le hoodie montrent que le vêtement reste une arme des sans-voix ; mais la récupération est immédiate (le punk vendu par Westwood, le streetwear par Vuitton, le pussy hat sur Etsy, la casquette MAGA à 30 dollars, Balenciaga et le sac-poubelle à 1 800 euros 2022) ; Hebdige : la sous-culture est toujours récupérée ; la question est celle du temps entre la résistance et la vente, réduit à quelques semaines par les réseaux ; le vêtement politique est un langage que le marché apprend vite.

    Exemples

    • 29 octobre 1793 : la Convention décrète : « nulle personne de l'un ou l'autre sexe ne pourra contraindre aucun citoyen ni citoyenne à se vêtir d'une manière particulière » ; la liberté du costume, contre les sans-culottes qui imposaient le bonnet.
    • Gandhi à Buckingham (1931) : en dhoti et châle, reçu par George V ; « le roi portait assez de vêtements pour nous deux » ; le khadi comme arme économique : brûler les tissus anglais.
    • Mobutu, l'abacost (1972) : « à bas le costume » : la veste col Mao imposée au Zaïre dans la « recours à l'authenticité » ; la cravate interdite ; le costume revient avec sa chute (1997).
    • Katharine Hamnett (1984) : reçue par Thatcher en t-shirt « 58 % don't want Pershing » ; la photo fait le tour du monde ; le t-shirt à message est né.
    • Creil (18 septembre 1989) : Leila, Fatima et Samira exclues du collège Gabriel-Havez pour leur foulard ; la « première affaire » ; Élisabeth Badinter, Régis Debray, Alain Finkielkraut : « Profs, ne capitulons pas ! » (Le Nouvel Observateur).
    • Trayvon Martin (26 février 2012) : 17 ans, tué en Floride par un vigile, en hoodie ; les « Million Hoodie March » ; le Miami Heat de LeBron pose en hoodie ; le vêtement comme suspect.
    • Le gilet jaune (17 novembre 2018) : obligatoire dans les voitures depuis 2008, 5 euros, visible ; « le vêtement le plus démocratique » ; Priscillia Ludosky et Éric Drouet ; les ronds-points jaunes.
    • Zelensky et le costume (28 février 2025) : dans le Bureau ovale, un journaliste : « Pourquoi ne portez-vous pas de costume ? » ; Zelensky : « je mettrai un costume quand la guerre sera finie… peut-être un plus beau que le vôtre » ; il revient en veste noire en août 2025.

    Pièges & confusions

    • Confondre les lois françaises sur le voile. 2004 : l'école publique (signes ostensibles) ; 2010 : le visage dans l'espace public ; 2023 : l'abaya (circulaire) ; le sport : fédérations et Sénat 2025.
    • Croire que le pantalon féminin est libre depuis toujours. L'ordonnance de 1800 n'a été abrogée qu'en 2013.
    • Réduire le vêtement politique à la protestation. L'uniforme, le costume du pouvoir, le soft power en font partie.
    • Oublier Hebdige et la récupération. Le vêtement de résistance est vendu en quelques semaines : la nuance attendue.
    • Traiter le voile d'un seul point de vue. Les deux féminismes, les sociologues, l'Iran et la France : présentez la pluralité.

    Usage concours / oral

    Sujets où mobiliser cette fiche : « L'apparence est-elle politique ? », « L'État peut-il régir les corps ? », « La liberté s'habille-t-elle ? », « La laïcité est-elle un vêtement ? », « Le signe peut-il résister au marché ? », « L'identité est-elle un costume ? ». Fiche de synthèse du thème, à mobiliser en ECG (l'humanité et ses signes), à Sciences Po (laïcité, mouvements) et pour tout sujet sur le corps politique.
    À l'oral, tenez les concepts (le signe, l'uniforme, le costume du pouvoir, la transgression, la récupération), les cas (1793, Gandhi, Mobutu, Creil, Trayvon, le gilet jaune, Zelensky, le keffieh, l'abaya, MAGA), les lois françaises avec leurs dates, les auteurs (Barthes, Foucault, Hebdige, Flügel, Göle, Roche), et les débats. Ayez une position sur le voile qui expose les deux camps avant de trancher sur le contexte. Gandhi à Buckingham et Zelensky au Bureau ovale sont les deux scènes ; le gilet jaune l'objet.
    Angle d'attaque conseillé : partir de deux hommes sans costume devant le pouvoir : Gandhi en dhoti chez George V (1931) et Zelensky en treillis chez Trump (2025) ; un siècle sépare les deux, la rhétorique est la même (le vêtement du combat contre le vêtement de l'ordre), et elle dit ce que la mode est au fond : un langage que tout le monde comprend.

    Sources

    • Daniel Roche, La Culture des apparences. Une histoire du vêtement (1989)
    • Dick Hebdige, Sous-culture. Le sens du style (1979)
    • Nilüfer Göle, Musulmanes et modernes (1993)
    • Conseil d'État, avis et décisions sur les signes religieux (1989, 2016, 2023)
    • Frédéric Monneyron, La Frivolité essentielle. Du vêtement et de la mode (2001)

    Questions d'oral

    + 2 autres questions

    Continuez votre exploration