Le contexte historique
Goya travaille dans une Espagne traversée par les débats sur les Lumières, les hiérarchies sociales et les autorités religieuses. Les Caprices utilisent des scènes inquiétantes ou satiriques pour critiquer des comportements et des préjugés. La satire est une manière de dénoncer en déformant, en exagérant ou en faisant rire. Ici, le registre devient sombre : lorsque le jugement s’assoupit, les peurs et les illusions peuvent occuper l’espace. Cette lecture n’épuise pas une œuvre où l’imagination possède aussi une puissance créatrice.
Comprendre le document
L’eau-forte et l’aquatinte sont des procédés de gravure. L’eau-forte permet de tracer des lignes par l’action d’un acide sur une plaque préparée ; l’aquatinte produit des zones de ton qui rendent possibles les ombres et les effets d’atmosphère. Ces contrastes font émerger les figures autour de l’homme. La multiplication d’une estampe permet sa circulation, contrairement à un tableau unique, même si les conditions d’achat et de lecture limitent son public.
Ce que le document ne permet pas d’affirmer
Les chouettes et les chauves-souris ne doivent pas être transformées sans justification en un code où chaque animal désignerait une personne précise. Le titre ouvre une réflexion plutôt qu’une équation simple entre raison bonne et imagination mauvaise. Le document date de 1799 : il ne représente pas les guerres napoléoniennes que Goya abordera dans d’autres œuvres. La comparaison avec Descartes ou l’Encyclopédie relie différentes façons d’interroger l’usage du jugement : argument philosophique, organisation des savoirs et critique visuelle.
À retenir
Les Caprices permettent de lire une image comme une critique sociale dont le sens reste parfois ouvert. Ils relient technique de reproduction, marché de l’art et liberté de l’interprétation.



