Retrouver le repère sur la frise
    CréationsDocument illustré · 1700–1800

    Phillis Wheatley : affirmer une présence d’autrice

    Ce portrait gravé de 1773 représente Phillis Wheatley assise à une table, une plume à la main. Il accompagne la publication de son recueil de poèmes. L’image n’est pas un simple ornement : elle donne à voir une autrice dans un monde où une femme noire réduite en esclavage doit affronter des préjugés sur sa capacité à écrire.

    Phillis Wheatley assise à une table, une plume à la main, dans un portrait gravé de 1773.
    Portrait de Phillis Wheatley, 1773, gravure attribuée à Scipio Moorhead, publiée par Archibald Bell. The Metropolitan Museum of Art, 49.40.24, The Elisha Whittelsey Collection, The Elisha Whittelsey Fund, 1949. Domaine public, CC0.Date de l’image : 1773. Portrait gravé contemporain de la parution de son recueil.Attribué à Scipio Moorhead / The Metropolitan Museum of Art, 49.40.24 — CC0 · notice source · CC0 1.0 Universal

    Deux dates à distinguer

    Le document
    Portrait de Phillis Wheatley
    1773
    Le repère historique
    1773 · Phillis Wheatley publie un recueil de poèmes
    Boston, Amérique du Nord britannique ; publication à Londres

    Portrait gravé contemporain de la parution de son recueil.

    Le contexte historique

    Wheatley est déportée enfant depuis l’Afrique vers l’Amérique du Nord et réduite en esclavage à Boston. Elle acquiert une formation littéraire et écrit des poèmes en anglais. Son recueil paraît à Londres en 1773. Cette trajectoire relie la violence de la traite, les milieux lettrés et la circulation transatlantique du livre. La reconnaître comme autrice ne doit jamais conduire à présenter l’esclavage comme une condition favorable à son œuvre : elle écrit malgré une situation de domination.

    Comprendre le document

    La plume, la table et l’attitude réfléchie placent l’écriture au centre. Le portrait construit une identité intellectuelle : ce que le lecteur doit reconnaître, c’est une personne capable de composer et de penser. La gravure permet de reproduire cette image dans un livre. Elle participe donc à sa réception publique. Comparée à une page de titre qui nomme un auteur, elle ajoute une présence visuelle et peut répondre aux doutes imposés à Wheatley par les hiérarchies raciales de son époque.

    Ce que le document ne permet pas d’affirmer

    L’attribution à Scipio Moorhead reste présentée comme une attribution. Le portrait ne raconte pas toutes les expériences de Wheatley et ne permet pas de déduire ses sentiments exacts. Lire ses poèmes est indispensable pour étudier sa voix, ses références et ses choix d’expression. La comparaison avec Tupaia pose une question commune : comment rendre visibles des producteurs de savoir ou d’œuvres que les récits centrés sur l’Europe ont souvent relégués à l’arrière-plan ?

    À retenir

    Ce livre permet de lire une voix d’autrice dans l’Atlantique esclavagiste. Il relie poésie, religion, apprentissage et circulation imprimée, tout en interrogeant les conditions sociales de la reconnaissance littéraire.

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