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Question d'oral
Montesquieu (1748) : que signifie réellement “séparation des pouvoirs” ?
Réponse d'oral
Chez Montesquieu, en 1748, la séparation des pouvoirs signifie que les fonctions de faire les lois, de les exécuter et de juger ne doivent pas être concentrées entre les mêmes mains, afin de protéger la liberté. Dans De l’esprit des lois, il ne cherche pas simplement à découper l’État en trois services indépendants. Il veut empêcher qu’un homme ou un groupe puisse tout décider sans rencontrer de résistance. Si celui qui fait la loi peut aussi condamner les citoyens, il risque de fabriquer des règles pour servir ses intérêts, puis de les appliquer à ses adversaires.L’idée centrale est donc celle d’un équilibre des pouvoirs : « le pouvoir arrête le pouvoir ». Les institutions doivent pouvoir se limiter mutuellement. Montesquieu s’inspire de la monarchie anglaise, telle qu’il la comprend : le roi exerce l’exécutif, tandis que le Parlement participe à la fabrication des lois, avec une chambre des lords et une chambre des communes. Le roi dispose aussi d’un moyen de s’opposer aux décisions législatives. Il ne s’agit donc pas d’une séparation étanche, mais d’une répartition organisée, avec des freins réciproques.Face à l’absolutisme, Montesquieu défend ainsi un gouvernement modéré, pas nécessairement une république ou une démocratie au sens actuel. La liberté politique ne consiste pas à faire tout ce que l’on veut : elle suppose de vivre en sécurité, sans craindre les décisions arbitraires du pouvoir. Reste une question toujours actuelle : quels contrepoids peuvent réellement empêcher un pouvoir légal de devenir un pouvoir sans limites ?
Autres questions
1.Qu’appelle-t-on exactement “absolutisme” : quels critères permettent de le définir ?2.En quoi le XVIIe siècle (guerres, finances) pousse-t-il les monarchies à se centraliser ?3.Pourquoi Versailles est-il un instrument politique (contrôle, hiérarchie, mise en scène) ?4.La Fronde : que révèle-t-elle des limites du pouvoir royal en France ?5.Révolution glorieuse (1688–1689) : pourquoi ce moment est-il un repère majeur de l’histoire constitutionnelle ?
