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    Question d'oral

    Peut-on parler d’“État moderne” au XVIIe siècle : quels signes (administration, fiscalité, armée) ?

    Réponse d'oral

    Oui, on peut parler d’État moderne au XVIIe siècle : l’administration se renforce, la fiscalité devient plus régulière et l’armée dépend davantage du pouvoir central. « Moderne » ne signifie pourtant ni démocratique ni semblable à notre État actuel. Cela désigne un pouvoir qui cherche à gouverner durablement un territoire, avec des agents, des règles et des ressources propres. Dans les monarchies européennes, notamment en France, l’absolutisme accompagne cette évolution : le roi veut moins dépendre des grands seigneurs pour faire appliquer ses décisions.
    Premier signe : une administration plus présente. Sous Louis XIII puis Louis XIV, les intendants, envoyés dans les provinces, surveillent la justice, la police et les finances. Deuxième signe : la fiscalité finance des dépenses croissantes, surtout militaires. À la taille et à la gabelle s’ajoute, en 1695, la capitation, un nouvel impôt royal. Troisième signe : une armée permanente, plus nombreuse et mieux encadrée. Sous Louis XIV, Louvois développe son organisation, ses approvisionnements et sa discipline. L’Hôtel des Invalides, fondé en 1670 pour accueillir les soldats blessés ou âgés, montre concrètement cette prise en charge par la monarchie.
    Mais cette construction reste incomplète. Les privilèges fiscaux persistent, les règles varient selon les provinces et le roi dépend d’intermédiaires, notamment pour percevoir les impôts. La Fronde, entre 1648 et 1653, révèle aussi les résistances à son autorité. L’État moderne naît donc progressivement, sans effacer les structures anciennes. Cette histoire invite à se demander si la puissance d’un État tient surtout à l’autorité de son chef ou à la solidité de ses institutions.