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Question d'oral
Quel est le lien entre égalité de genre et fécondité (Esping-Andersen) ?
Réponse d'oral
Pour Esping-Andersen, le lien entre égalité de genre et fécondité dépend surtout de la possibilité de concilier emploi et famille : quand les femmes travaillent mais assument encore presque seules les enfants, la fécondité tend à baisser. Ce n’est donc pas leur émancipation qui empêche d’avoir des enfants. C’est le décalage entre une société où elles étudient et travaillent, et une organisation familiale qui reste inégalitaire. Face à cette « double journée », certaines retardent une naissance ou renoncent à un enfant souhaité.Le sociologue danois décrit ainsi une révolution inachevée. Dans un premier temps, les rôles féminins changent plus vite que ceux des hommes et que les institutions. La formation des familles devient alors plus difficile. Dans un second temps, une répartition plus équilibrée des tâches et des politiques adaptées peuvent soutenir la fécondité. Exemple concret : la Suède a instauré dès 1974 un congé parental ouvert aux deux parents, puis réservé un mois à chacun en 1995. L’objectif est aussi de faire de la garde des enfants une responsabilité paternelle, et pas seulement maternelle.La leçon pour les politiques natalistes est claire : une prime à la naissance ne suffit pas. Des crèches accessibles, des horaires compatibles avec la vie familiale et un partage du travail domestique réduisent le coût professionnel et personnel de la parentalité. Cela ne garantit toutefois pas le retour à deux enfants par femme : les pays nordiques connaissent eux aussi une baisse récente. L’enjeu serait-il moins de demander davantage d’enfants que de permettre aux personnes d’avoir ceux qu’elles souhaitent ?
