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    Question d'oral

    Adaptations: qu’est-ce qui se perd (mise en page, rythme) quand on passe de la BD au cinéma ?

    Réponse d'oral

    Quand on passe de la bande dessinée au cinéma, l’adaptation perd surtout la mise en page et transforme le rythme de lecture, car le spectateur ne maîtrise plus la durée ni l’ordre de son regard. Dans une BD, la planche fait partie du récit. Une grande case peut donner de l’ampleur à un paysage ; plusieurs petites cases peuvent décomposer un geste. Le lecteur peut aussi embrasser toute la page, revenir en arrière ou s’arrêter sur un détail. Au cinéma, le cadrage et le montage organisent autrement cette découverte : sauf à interrompre le film, chacun suit le tempo imposé par le réalisateur.
    Une autre transformation concerne l’ellipse, c’est-à-dire ce qui se passe entre deux cases. Si un personnage lève le poing dans une image et que son adversaire est à terre dans la suivante, le lecteur imagine le coup. Le cinéma peut également suggérer une action sans la montrer, mais il le fait avec d’autres moyens : montage, son, hors-champ. La voix d’un acteur remplace aussi celle que chacun imaginait en lisant les bulles. Dans Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne de Steven Spielberg, sorti en 2011, les longues poursuites spectaculaires créent ainsi une vitesse différente de celle des albums d’Hergé.
    Mais adapter ne signifie pas seulement perdre : le cinéma apporte le mouvement, la musique et le jeu des interprètes. Une adaptation réussie cherche donc moins à recopier chaque case qu’à retrouver un effet d’aventure, d’humour ou d’émotion. La fidélité à une œuvre passe-t-elle alors par ses images ou par l’expérience qu’elle nous fait vivre ?