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Question d'oral
Que s'est-il passé à Angoulême en 2016 et qu'a-t-il changé ?
Réponse d'oral
À Angoulême, en 2016, l’absence de femmes parmi les trente noms proposés pour le Grand Prix du Festival international de la bande dessinée a provoqué un boycott et relancé le débat sur le sexisme dans la BD. Ce prix récompense une carrière entière : ne sélectionner aucune autrice revenait donc à présenter les grands créateurs du neuvième art comme exclusivement masculins. Le Collectif des créatrices de bande dessinée contre le sexisme a appelé au boycott. Plusieurs auteurs sélectionnés, dont Riad Sattouf, ont demandé le retrait de leur nom, en rappelant l’existence d’autrices majeures.Face à la mobilisation, le festival a d’abord annoncé l’ajout de femmes, puis abandonné sa liste pour laisser les auteurs électeurs proposer librement leurs candidats. Le dessinateur belge Hermann a finalement remporté le prix. L’affaire n’a donc pas débouché immédiatement sur la victoire d’une femme. Mais elle a rendu visible un mécanisme d’invisibilisation : les femmes créaient déjà des bandes dessinées, sans bénéficier de la même reconnaissance.Ce scandale a surtout changé les attentes envers les institutions : elles doivent désormais expliquer leurs choix et examiner leurs habitudes. Les Grands Prix attribués ensuite à Julie Doucet en 2022 et à Rutu Modan en 2023 témoignent d’une reconnaissance accrue, sans résulter uniquement de cette polémique. Il ne s’agissait pas de censurer des œuvres, mais de discuter du pouvoir de consécration d’un festival. Reste à savoir comment transformer cette visibilité en égalité durable dans les carrières et les revenus.
