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    Question d'oral

    CRISPR : quelles différences éthiques entre correction somatique et modification germinale ?

    Réponse d'oral

    Avec CRISPR, la différence éthique majeure est que la correction somatique vise à traiter une personne sans transmettre la modification à ses enfants, tandis que la modification germinale, si elle conduit à une naissance, peut toucher les générations suivantes. Dans le premier cas, on intervient sur des cellules du corps, par exemple des cellules à l’origine des globules rouges. Dans le second, on modifie des cellules reproductrices ou un embryon. CRISPR permet de cibler l’ADN, mais sa précision ne garantit ni l’absence d’erreurs ni la maîtrise de toutes les conséquences.
    La correction somatique relève surtout de l’éthique du soin : obtenir un consentement éclairé, espérer un bénéfice réel et limiter les risques. En 2023, le Royaume-Uni a autorisé Casgevy, un traitement utilisant CRISPR contre la drépanocytose et certaines bêta-thalassémies. Les cellules du patient sont modifiées en laboratoire, puis réinjectées. Cette approche peut transformer une vie, mais elle impose des traitements lourds et pose une question de justice : qui pourra y accéder, compte tenu de son coût ?
    La modification germinale ajoute une responsabilité envers des personnes qui ne peuvent pas consentir : les futurs enfants et leurs descendants. En 2018, le chercheur chinois He Jiankui a annoncé la naissance de jumelles dont il avait modifié les embryons, suscitant une condamnation internationale. Au risque biologique s’ajoutent ceux de la sélection des caractéristiques humaines et de l’aggravation des inégalités. Le principe de responsabilité invite donc à distinguer prouesse technique et intervention légitime. Jusqu’où prévenir la maladie sans faire de l’enfant un être conçu selon nos préférences ?