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Question d'oral
Faut-il remplacer le PIB par un indicateur de bonheur ?
Réponse d'oral
Il ne faut pas remplacer le PIB par un indicateur de bonheur unique, mais compléter la mesure de la richesse par celle du bien-être. Le PIB mesure la production économique, pas la qualité de la vie. Il augmente avec des dépenses liées aux accidents ou à la pollution, sans que la population vive nécessairement mieux. Pourtant, il reste utile : produire des richesses permet aussi de financer les hôpitaux, les écoles et la protection sociale. L’enjeu est donc de ne plus confondre croissance économique et progrès humain.La psychologie positive, portée par Martin Seligman en 1998, montre que le bonheur ne se réduit pas au plaisir. Il dépend aussi des relations, de l’engagement et du sens donné à sa vie. Un indicateur pertinent devrait donc associer satisfaction déclarée, santé, liens sociaux, inégalités et qualité de l’environnement. Le Bhoutan a ainsi inscrit le bonheur national brut dans sa Constitution de 2008. Cet exemple invite à évaluer les politiques publiques autrement que par la seule production.Mais mesurer le bonheur pose une difficulté : chacun n’en a pas la même définition. Une personne peut aussi déclarer être satisfaite malgré des conditions de vie injustes, parce qu’elle a réduit ses attentes. Enfin, dans une société thérapeutique, faire du bonheur un objectif officiel risque de transformer le mal-être en échec personnel, au lieu d’en chercher les causes sociales. Mieux vaut donc plusieurs indicateurs transparents qu’un score unique censé tout résumer. Le rôle de l’État est-il de nous rendre heureux, ou de garantir les conditions qui permettent à chacun de chercher son bonheur ?
Autres questions
1.Qu'est-ce que la psychologie positive et en quoi diffère-t-elle du développement personnel ?2.Qu'est-ce que l'adaptation hédonique ?3.L'argent fait-il le bonheur selon les données ?4.Que critiquent Cabanas et Illouz dans Happycratie ?5.Le bien-être au travail est-il une nouvelle forme de contrôle ?
