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Question d'oral
La résilience est-elle devenue une injonction ?
Réponse d'oral
Oui, la résilience est devenue une injonction lorsqu’on exige de chacun qu’il surmonte les épreuves, au lieu de lui donner les moyens de se reconstruire. À l’origine, elle désigne la capacité à reprendre un développement après un traumatisme. Elle ne signifie ni oublier ni devenir invulnérable. En France, Boris Cyrulnik a popularisé cette notion, notamment avec Un merveilleux malheur, publié en 1999. Son intérêt est de rappeler qu’une blessure ne condamne pas toute une existence. Mais cette possibilité devient une pression quand « vous pouvez vous relever » se transforme en « vous devez rebondir ».La psychologie positive, développée autour de Martin Seligman à partir de 1998, étudie ce qui favorise une vie satisfaisante : les relations, l’engagement ou le sens. Elle ne se réduit donc pas à « penser positif ». Pourtant, certains discours de développement personnel transforment ces recherches en recettes individuelles. Par exemple, proposer une application de méditation à un salarié épuisé peut être utile. Mais si sa charge de travail reste excessive, cette réponse déplace le problème : c’est à lui de mieux gérer son stress, plutôt qu’à l’entreprise de changer son organisation.C’est là que la critique de la société thérapeutique devient éclairante. Le langage psychologique aide à reconnaître la souffrance, mais il peut aussi masquer ses causes sociales. La résilience reste une ressource si elle respecte le temps, les limites et le besoin d’aide de chacun. Elle devient une injonction si souffrir ou ne pas « rebondir » passe pour un échec personnel. Et si une société vraiment protectrice cherchait moins à rendre chacun résilient qu’à éviter les souffrances évitables ?
Autres questions
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