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    Question d'oral

    Shang : que nous apprennent les os oraculaires sur le pouvoir et la religion ?

    Réponse d'oral

    Les os oraculaires des Shang montrent que le pouvoir royal et la religion étaient étroitement liés : le roi gouvernait aussi en interrogeant les ancêtres et les puissances surnaturelles. Ces objets, surtout des omoplates de bovins et des carapaces de tortues, ont été retrouvés notamment à Anyang, dernière capitale des Shang, en Chine. Ils datent principalement des XIIIe au XIe siècles avant notre ère. Leur intérêt est exceptionnel : leurs inscriptions constituent le plus ancien ensemble important d’écriture chinoise connu.
    La divination suivait une procédure précise. On préparait l’os, puis on le chauffait pour provoquer des fissures. Celles-ci étaient interprétées comme des signes favorables ou défavorables. Les inscriptions pouvaient conserver la date, la question posée, le pronostic et parfois le résultat. Sous le règne de Wu Ding, au XIIIe siècle avant notre ère, on consultait ainsi les puissances invisibles sur les récoltes, la pluie, les guerres ou les accouchements. La religion intervenait donc directement dans les décisions pratiques du gouvernement.
    Ces documents révèlent surtout l’importance du culte des ancêtres. Les souverains défunts étaient considérés comme capables d’influencer la vie des vivants ; des offrandes et des sacrifices, parfois humains, leur étaient destinés. Une puissance supérieure, appelée Di, apparaît également. En occupant une place centrale dans ces échanges rituels, le roi affirmait son autorité. Mais ces archives éclairent surtout la cour, beaucoup moins les croyances du peuple. Elles invitent ainsi à se demander comment un pouvoir politique transforme sa relation supposée avec l’invisible en légitimité.