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    Question d'oral

    Que change la fragmentation en chaînes de valeur mondiales dans la notion de “produit national” ?

    Réponse d'oral

    La fragmentation en chaînes de valeur mondiales transforme la notion de produit national : un bien n’est plus nécessairement fabriqué dans un seul pays, mais résulte de tâches réparties entre plusieurs économies. La conception, la fabrication des composants, l’assemblage et la commercialisation peuvent se dérouler dans des pays différents. L’étiquette « fabriqué en » indique donc une origine douanière, souvent liée à la dernière transformation importante, plutôt que l’origine de toute la richesse créée. Le produit devient, en quelque sorte, multinational.
    Un smartphone l’illustre bien. Il peut être conçu aux États-Unis, intégrer un écran fabriqué en Corée du Sud, puis être assemblé en Chine. Le qualifier uniquement de « produit chinois » masque alors l’essentiel du parcours. Surtout, le prix de vente ne revient pas entièrement au pays d’assemblage. Chaque étape apporte une valeur ajoutée, c’est-à-dire une richesse supplémentaire. La conception, les brevets ou la marque peuvent en capter une part importante. Pour comprendre qui gagne réellement à l’échange, il faut donc regarder la contribution de chaque pays, et pas seulement la valeur du bien qui franchit sa frontière.
    Cela déplace aussi la spécialisation internationale : les pays se spécialisent dans des tâches, pas uniquement dans des produits finis. Les exportations dépendent ainsi souvent de composants importés. Taxer ces importations peut donc renchérir la production nationale elle-même. Dès lors, défendre le « produit national », est-ce protéger une étiquette, des emplois sur le territoire ou la maîtrise des étapes stratégiques ?