Retour à la fiche
    Question d'oral

    Le droit international humanitaire limite-t-il réellement la violence, ou n’est-il qu’un idéal ?

    Réponse d'oral

    Le droit international humanitaire limite réellement la violence dans les conflits contemporains, mais son efficacité dépend de son respect par les combattants et des moyens de le faire appliquer. Ce n’est donc ni une protection absolue ni un simple idéal. Son objectif n’est pas d’interdire la guerre, mais d’en limiter les souffrances. Les conventions de Genève de 1949 protègent notamment les blessés, les prisonniers et les civils. Elles imposent de distinguer les combattants des populations civiles et interdisent la torture, même lorsque l’adversaire la pratique.
    Ces règles ont des effets concrets, parfois peu visibles. Le Comité international de la Croix-Rouge peut visiter des prisonniers, lorsque l’accès lui est accordé, et faciliter des échanges. Le droit encadre aussi les attaques : le principe de proportionnalité interdit celles dont les dommages prévisibles pour les civils seraient excessifs par rapport à l’avantage militaire attendu. Mais les bombardements indiscriminés, les attaques contre les soignants ou l’utilisation de la famine montrent ses limites. L’intervention de milices et de puissances étrangères complique encore l’identification des responsables.
    Le problème central reste donc l’impunité. En mars 2023, la Cour pénale internationale a délivré un mandat d’arrêt contre Vladimir Poutine pour les crimes de guerre présumés de déportation et de transfert illégaux d’enfants ukrainiens. C’est un acte juridique important, mais la Cour dépend des États pour procéder aux arrestations. Le droit offre ainsi une protection inégale et permet de demander des comptes, parfois longtemps après les faits. La véritable question est alors de savoir comment rendre son application moins dépendante des rapports de force.