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    Question d'oral

    La « responsabilité de protéger » (ONU, 2005) est-elle un progrès moral ou une source d’abus politiques ?

    Réponse d'oral

    La responsabilité de protéger, adoptée à l’ONU en 2005, est un progrès moral, mais elle peut devenir une source d’abus politiques lorsque la protection des populations sert à justifier des objectifs de puissance. Son principe est simple : chaque État doit protéger sa population contre le génocide, les crimes de guerre, le nettoyage ethnique et les crimes contre l’humanité. S’il échoue manifestement, la communauté internationale doit agir, d’abord par la prévention, l’aide et la diplomatie. Une intervention militaire n’est pas automatique : elle suppose une autorisation du Conseil de sécurité. La souveraineté n’est donc plus seulement un droit ; elle implique aussi des devoirs envers les habitants.
    Le progrès moral tient à cette idée : un gouvernement ne devrait pas pouvoir massacrer sa population à l’abri de ses frontières. Mais l’application dépend des rapports de force. En mars 2011, la résolution 1973 autorise le recours à la force pour protéger les civils en Libye, menacés par les forces de Kadhafi. L’intervention de l’OTAN contribue ensuite à la chute du régime. Plusieurs États, notamment la Russie et la Chine, dénoncent alors un détournement du mandat vers un changement de régime. Cette controverse nourrit la méfiance envers de futures interventions.
    Il faut donc distinguer la valeur du principe et les conditions de son application. Les vetos, les intérêts stratégiques et la protection inégale des populations fragilisent sa crédibilité. Pour rester légitime, cette responsabilité exige un mandat précis, des moyens proportionnés et un contrôle collectif. Comment protéger efficacement les populations sans donner aux puissants un droit de guerre à géométrie variable ?