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    Question d'oral

    Crise d’offre (énergie) : pourquoi la réponse monétaire est-elle plus délicate ?

    Réponse d'oral

    Face à une crise d’offre liée à l’énergie, la réponse monétaire est plus délicate parce qu’elle doit freiner l’inflation sans aggraver la baisse de l’activité. Quand le pétrole ou le gaz deviennent plus chers, produire et transporter coûte davantage. Les entreprises augmentent leurs prix ou réduisent leur production. Les ménages, eux, consacrent plus d’argent au chauffage et aux déplacements, donc moins aux autres achats. L’économie peut alors connaître une stagflation : des prix qui montent et une activité qui stagne. C’est le problème illustré par le choc pétrolier de 1973, lorsque le prix du pétrole est approximativement multiplié par quatre en quelques mois.
    La banque centrale fait alors face à un dilemme. Si elle relève ses taux d’intérêt, les crédits deviennent plus coûteux. La consommation et l’investissement ralentissent, ce qui limite les hausses de prix, mais fragilise aussi l’emploi. Surtout, relever les taux ne produit ni pétrole ni gaz supplémentaires. À l’inverse, baisser les taux pour soutenir l’activité risque d’alimenter l’inflation. Le danger est que les entreprises et les salariés anticipent des hausses durables et adaptent leurs prix et leurs demandes de salaires en conséquence.
    La réponse dépend donc de la durée du choc et de sa diffusion aux autres prix. La banque centrale cherche surtout à éviter que l’inflation s’installe. Les pouvoirs publics peuvent compléter son action par des aides ciblées et des investissements dans les économies d’énergie. Cette difficulté invite à se demander si la meilleure protection contre les crises énergétiques ne consiste pas, d’abord, à réduire notre dépendance.