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    Question d'oral

    Les crises accroissent-elles les inégalités ? Par quels canaux (emploi, patrimoine, accès au crédit) ?

    Réponse d'oral

    Les crises économiques accroissent souvent les inégalités par trois canaux : l’emploi, le patrimoine et l’accès au crédit, mais cet effet dépend des protections publiques. Le premier canal est l’emploi. Quand les ventes baissent, les entreprises réduisent leurs recrutements, puis licencient. Les jeunes, les intérimaires et les salariés peu qualifiés sont souvent les premiers touchés. Ils disposent aussi de moins d’épargne pour attendre la reprise. Aux États-Unis, en 1933, le chômage atteint environ 25 % de la population active. Perdre son travail signifie alors perdre son revenu, mais aussi risquer une exclusion durable du marché du travail.
    Le deuxième canal est le patrimoine. Un krach peut d’abord réduire la fortune des plus riches, qui détiennent davantage d’actions : toutes les inégalités ne progressent donc pas automatiquement. Mais les ménages modestes endettés sont particulièrement fragiles. Lors de la crise de 2008, des familles américaines incapables de rembourser leur prêt immobilier ont perdu leur logement. À l’inverse, ceux qui conservent de l’argent disponible peuvent acheter des biens à bas prix et profiter de la reprise. Enfin, l’accès au crédit se resserre : les banques deviennent plus prudentes et privilégient les emprunteurs offrant les meilleures garanties. Cela pénalise notamment les petites entreprises et les ménages précaires.
    Ces mécanismes ne sont pourtant pas une fatalité. Les allocations chômage, les aides ciblées et le maintien des services publics peuvent amortir le choc. À l’inverse, réduire brutalement ces protections peut creuser les écarts. La question devient alors aussi celle du partage du coût de la crise : qui doit payer pour permettre la reprise ?