Retour à la fiche
    Question d'oral

    L’intercommunalité est-elle un progrès démocratique (mutualisation) ou un problème (éloignement du citoyen) ?

    Réponse d'oral

    L’intercommunalité est un progrès démocratique lorsqu’elle permet une mutualisation utile aux habitants, mais elle devient un problème si elle accentue l’éloignement du citoyen. Son principe est simple : plusieurs communes mettent en commun leurs moyens pour assurer des services qu’elles auraient du mal à financer seules. Une communauté de communes peut ainsi organiser la collecte des déchets, gérer l’assainissement ou développer des transports. Cette coopération permet aussi de penser à l’échelle de la vie quotidienne : on habite souvent dans une commune, on travaille dans une autre et on fait ses courses dans une troisième.
    Mais une meilleure gestion ne signifie pas automatiquement davantage de démocratie. Les habitants connaissent généralement leur maire, beaucoup moins le président de leur intercommunalité. Pourtant, celle-ci prend des décisions importantes pour leur quotidien. Depuis les élections municipales de 2014, dans les communes de 1 000 habitants et plus, les conseillers communautaires sont élus par un système de fléchage sur les listes municipales. Le lien avec le vote existe donc, mais il reste peu lisible. Le président de l’intercommunalité est ensuite élu par les conseillers communautaires, et non directement par les habitants.
    L’intercommunalité n’est donc ni un progrès ni un recul démocratique par nature. Tout dépend de la transparence des décisions, de la place laissée aux communes et de la participation des habitants. Mutualiser peut renforcer la solidarité entre territoires riches et moins favorisés, à condition de rendre les choix compréhensibles et discutables. Le véritable défi est peut-être d’agrandir le territoire de l’action publique sans rétrécir la place du citoyen.