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    Question d'oral

    Que répondre à « je n'ai rien à cacher » ?

    Réponse d'oral

    À « je n’ai rien à cacher », on peut répondre que protéger ses données personnelles et sa vie privée, ce n’est pas dissimuler une faute : c’est garder la maîtrise de ce que les autres savent de nous. On ferme la porte des toilettes sans commettre de délit. De même, on peut vouloir réserver ses problèmes de santé à son médecin, sans les partager avec son employeur. Une information n’a pas le même sens selon celui qui la reçoit. Le véritable enjeu n’est donc pas seulement le secret, mais le choix du destinataire et de l’usage.
    En juin 2013, Edward Snowden révèle l’ampleur de la surveillance menée par les services de renseignement américains. Cette affaire montre qu’il n’est pas nécessaire d’être suspect pour être surveillé. Même sans lire nos messages, connaître nos contacts, nos horaires et nos déplacements permet de reconstituer une partie de notre existence. Et se savoir observé peut pousser à renoncer à une recherche, à une opinion ou à une rencontre pourtant légale. La vie privée protège ainsi notre liberté d’agir, pas seulement notre intimité.
    Applicable depuis le 25 mai 2018, le RGPD traduit cette idée en droits concrets : accéder à ses données, les faire rectifier ou demander leur effacement sous certaines conditions. Il impose aussi de ne collecter que les informations nécessaires à un objectif déterminé. « Rien à cacher » ne signifie donc pas « tout autoriser ». Reste une question : quelle liberté conservons-nous si chaque geste peut être enregistré, rapproché d’autres informations et jugé plus tard ?