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Question d'oral
La surveillance des entreprises est-elle plus dangereuse que celle des États ?
Réponse d'oral
La surveillance des entreprises n’est pas toujours plus dangereuse que celle des États : pour les données personnelles et la vie privée, le risque dépend surtout du pouvoir exercé et des moyens de le contester. Les entreprises cherchent généralement à prévoir nos comportements pour vendre davantage. Une application peut ainsi croiser notre localisation et nos achats pour établir un profil précis. Cette surveillance est discrète, quotidienne et difficile à éviter. Elle peut aussi influencer nos choix ou favoriser des discriminations.La surveillance des États présente un danger particulier : ils disposent de la police, de la justice et du pouvoir de contraindre. En 2013, Edward Snowden a révélé l’ampleur de programmes de surveillance de la NSA, notamment PRISM, impliquant l’accès à des données détenues par de grandes entreprises numériques. Cet exemple montre que les deux surveillances ne sont pas séparées : les informations accumulées à des fins commerciales peuvent devenir des outils de renseignement. Dans un régime autoritaire, elles peuvent servir à identifier des opposants. Dans une démocratie, la sécurité peut justifier certaines surveillances, mais pas leur généralisation sans contrôle.Le RGPD, applicable depuis le 25 mai 2018, renforce les droits des personnes et impose des obligations aux entreprises comme à de nombreux organismes publics. Il ne couvre toutefois pas toutes les activités de surveillance étatique, notamment celles relevant de la sécurité nationale. La question décisive est donc celle des contre-pouvoirs : juges indépendants, autorités de contrôle, transparence et recours effectifs. Plutôt que de choisir un surveillant moins dangereux, ne faudrait-il pas surtout limiter ce que chacun peut savoir de nous ?
