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    Question d'oral

    Actualité : qui doit répondre des dommages causés par des outils numériques (algorithmes, IA, objets connectés) : l’utilisateur, l’entreprise, le concepteur ?

    Réponse d'oral

    Les dommages causés par des outils numériques peuvent engager la responsabilité de l’utilisateur, de l’entreprise ou du concepteur : tout dépend du défaut, de la faute et du rôle de chacun. En droit privé, l’IA n’est pas une personne juridiquement responsable. Il faut donc rechercher les personnes ou les entreprises auxquelles le dommage peut être attribué. L’enjeu est simple : permettre à la victime d’obtenir réparation, sans faire porter automatiquement tout le risque sur l’utilisateur.
    Trois situations permettent de comprendre. Si un utilisateur détourne volontairement un outil pour nuire, sa responsabilité civile peut être engagée. Si une entreprise utilise un algorithme pour prendre une décision discriminatoire, elle ne peut pas simplement répondre : « C’est la machine ! » Enfin, si un objet connecté présente un défaut de sécurité, la responsabilité de son producteur peut être recherchée. Par exemple, lorsqu’un thermostat connecté défectueux provoque une surchauffe et un incendie, il faut examiner le matériel, le logiciel et les conditions d’utilisation. Plusieurs acteurs peuvent avoir contribué au même dommage. Un contrat peut aussi obliger le fournisseur à indemniser son client en cas de mauvaise exécution.
    La difficulté centrale reste la preuve : comment identifier l’origine du dommage quand le fonctionnement de l’outil est opaque ? L’Union européenne a adopté en 2024 une directive modernisant la responsabilité du fait des produits défectueux, notamment pour couvrir explicitement les logiciels. Sa transposition est prévue pour décembre 2026. Le défi est donc de protéger les victimes sans bloquer l’innovation : jusqu’où faut-il faire supporter les risques à ceux qui conçoivent ces outils et en tirent profit ?