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    Question d'oral

    En quoi l'IA générative concerne-t-elle particulièrement les dessinateurs ?

    Réponse d'oral

    L’IA générative concerne particulièrement les dessinateurs parce qu’elle peut produire rapidement des images, imiter des styles et transformer leur travail comme leur rémunération. Pour créer ces images, les modèles apprennent à partir de grandes quantités de contenus, qui peuvent inclure des œuvres protégées, parfois sans autorisation explicite des artistes. Cela pose une question de droit d’auteur : comment autoriser et rémunérer l’utilisation des œuvres pour l’entraînement ? Un style n’est pas, à lui seul, protégé comme une œuvre précise. Mais retrouver des éléments reconnaissables d’un dessin peut soulever un problème de contrefaçon.
    Cette technologie arrive dans un secteur où la précarité des auteurs est déjà forte. Réaliser un album demande souvent des mois, sans garantie de ventes suffisantes. Si un éditeur ou un annonceur utilise l’IA pour remplacer une commande de couverture, de décor ou d’illustration, le dessinateur peut perdre un revenu. En 2023, la campagne publicitaire de la Fnac pour ses lectures estivales, réalisée avec des images générées par IA, a ainsi suscité des critiques d’illustrateurs. Dans le webtoon, où les épisodes paraissent à un rythme soutenu, ces outils peuvent aussi renforcer la pression sur les délais.
    L’IA peut cependant servir d’outil d’assistance : chercher une composition, tester des couleurs ou préparer un décor. Elle ne remplace pas automatiquement la narration, la cohérence des personnages et les choix artistiques. L’enjeu est donc de préserver le consentement, la transparence et la rémunération des créateurs. Le progrès se mesure-t-il au nombre d’images produites, ou aux conditions dans lesquelles leurs auteurs peuvent encore créer ?