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Question d'oral
La Turquie peut-elle adhérer à l'Union ?
Réponse d'oral
La Turquie peut adhérer à l’Union européenne en droit, mais son adhésion reste aujourd’hui bloquée pour des raisons politiques et démocratiques. Elle est officiellement candidate depuis 1999, et les négociations ont commencé en 2005. Sa situation géographique, entre Europe et Asie, n’interdit donc pas son entrée : les États membres ont déjà reconnu sa possibilité d’adhérer. Mais être candidat ne garantit rien. Il faut respecter les conditions d’entrée, obtenir l’accord unanime des membres, puis faire ratifier un traité d’adhésion.Le principal obstacle concerne les critères de Copenhague, fixés en 1993. Ils exigent notamment une démocratie stable, le respect des droits fondamentaux et une justice indépendante. Or, sous la présidence de Recep Tayyip Erdoğan, la concentration du pouvoir, les restrictions de la liberté de la presse et les poursuites contre des opposants éloignent la Turquie de ces exigences. Les négociations sont ainsi au point mort depuis 2018. La question de Chypre complique aussi la situation : la Turquie ne reconnaît pas la République de Chypre, membre de l’Union depuis 2004, et maintient des troupes dans le nord de l’île.Pour autant, la Turquie reste un partenaire important dans les échanges commerciaux, la sécurité et les migrations. Sa population nombreuse et son poids régional rendraient son entrée majeure pour l’Union, tout en transformant ses équilibres internes. L’adhésion n’est donc ni juridiquement impossible, ni politiquement proche : elle supposerait de profondes réformes et un accord de tous les membres. Ce cas invite finalement à se demander si les frontières de l’Europe se définissent surtout par la géographie ou par des règles politiques communes.
