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    Question d'oral

    Justice climatique : comment articuler responsabilité historique et vulnérabilité actuelle ?

    Réponse d'oral

    La justice climatique articule responsabilité historique et vulnérabilité actuelle en demandant aux pays qui ont le plus contribué au réchauffement d’aider davantage ceux qui en subissent les effets avec le moins de moyens. Le changement climatique est mondial, mais ses causes et ses conséquences sont très inégalement réparties. Les pays industrialisés ont accumulé des émissions de gaz à effet de serre depuis le XIXe siècle. À l’inverse, de nombreux pays pauvres ont peu émis, tout en étant fortement menacés. La responsabilité ne se mesure donc pas seulement aux émissions d’aujourd’hui : elle concerne aussi les émissions passées et les capacités financières présentes.
    Pour répartir l’aide, il faut distinguer trois éléments : l’aléa, comme une sécheresse ; l’exposition, par exemple des populations installées sur un littoral ; et la vulnérabilité, liée notamment à la pauvreté ou à la fragilité des infrastructures. Au Bangladesh, les habitants des zones côtières sont exposés aux cyclones et à la montée des eaux. Des abris, des alertes efficaces et des logements adaptés peuvent réduire les pertes humaines. La justice climatique consiste donc à financer cette adaptation, sans oublier de réduire fortement les émissions des principaux émetteurs.
    Elle suppose aussi de prendre en charge les pertes et dommages lorsque les destructions ne peuvent plus être évitées. À la COP27, en 2022, les États ont décidé de créer un fonds destiné aux pays en développement particulièrement vulnérables. Mais l’équité concerne aussi les populations : un ménage pauvre et un grand consommateur fortuné n’ont pas la même responsabilité. Reste alors à construire une solidarité qui protège les plus fragiles sans leur imposer les choix des financeurs.