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    Question d'oral

    Pourquoi dit-on que certaines inégalités sont “politiques” autant qu’économiques (Piketty) ?

    Réponse d'oral

    Certaines inégalités sont politiques autant qu’économiques, selon Thomas Piketty, parce qu’elles dépendent des règles choisies par la société, et pas seulement du fonctionnement du marché. Les écarts de revenus et de patrimoine ne viennent donc pas uniquement du talent, du travail ou de la réussite des entreprises. Ils dépendent aussi du droit de propriété, de l’héritage, de l’accès à l’éducation et des impôts. Par exemple, transmettre une grande fortune presque sans taxe ou la soumettre à des droits de succession élevés ne produit pas la même répartition des chances entre les générations.
    L’État joue ainsi un rôle central par la redistribution, mais aussi en fixant les règles du jeu économique. Un salaire minimum, des services publics accessibles ou une fiscalité progressive peuvent réduire les écarts. À l’inverse, certaines décisions peuvent favoriser la concentration des richesses. Aux États-Unis, le taux marginal supérieur de l’impôt fédéral sur le revenu atteignait 91 % dans les années 1950, contre 28 % en 1988, après les réformes de Ronald Reagan. Ces taux concernaient la tranche la plus élevée des revenus imposables, pas leur totalité. Leur évolution montre que la contribution demandée aux plus riches relève d’un choix collectif.
    Pour Piketty, les inégalités reposent également sur les discours qui les rendent acceptables : mérite individuel, défense de la propriété ou promesse d’efficacité économique. Cela ne signifie pas que toute différence soit injuste, mais qu’aucune répartition des richesses n’est entièrement naturelle ou inévitable. La question devient alors de savoir quelles inégalités une démocratie peut accepter sans fragiliser l’égalité des chances et le pouvoir des citoyens.