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    Question d'oral

    Aujourd’hui, qui contrôle la cartographie numérique (satellites, données, plateformes) et pourquoi est-ce géopolitique ?

    Réponse d'oral

    Aujourd’hui, la cartographie numérique est contrôlée par un ensemble d’États et d’entreprises qui maîtrisent les satellites, les données et les plateformes : ce contrôle est géopolitique parce qu’il donne du pouvoir sur les territoires et leurs représentations. Les États-Unis disposent du GPS, l’Union européenne de Galileo et la Chine de BeiDou. Ces systèmes permettent de se positionner ; d’autres satellites produisent des images. Google, Apple ou le chinois Baidu organisent ensuite une grande partie des cartes utilisées au quotidien. Aucun acteur ne contrôle donc toute la chaîne, mais quelques puissances y occupent une place dominante.
    Ce pouvoir repose surtout sur la maîtrise des données : routes, ports, bâtiments, déplacements ou installations militaires. Celui qui les collecte et les actualise peut mieux organiser les transports, surveiller une frontière ou préparer une opération militaire. Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022, les images de sociétés privées comme Maxar ont notamment permis de documenter des mouvements de troupes et des destructions. L’accès à ces images dépend toutefois de contrats, de choix commerciaux et de décisions politiques. La souveraineté numérique, c’est aussi pouvoir disposer de ses propres informations sans dépendre entièrement d’un fournisseur étranger.
    Enfin, une carte n’est jamais un simple miroir du monde. Afficher une frontière contestée, choisir un nom ou rendre un lieu peu visible peut favoriser une revendication. Des projets collaboratifs comme OpenStreetMap offrent une alternative, sans supprimer toutes les inégalités de couverture. Comme lors des grandes explorations, décrire l’espace reste une manière d’exercer du pouvoir : qui devrait alors décider de la carte commune ?