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Question d'oral
Que révèle le non français de 2005 ?
Réponse d'oral
Le non français de 2005 révèle les ambiguïtés de la politique européenne de la France : vouloir une Europe forte, tout en refusant une construction jugée trop libérale, lointaine et difficile à maîtriser. Le 29 mai 2005, 54,67 % des votants rejettent le traité établissant une Constitution pour l’Europe, avec une participation proche de 70 %. Ce n’est donc pas un simple mouvement d’indifférence. Mais ce vote ne signifie pas non plus un rejet unanime de l’Union européenne : il rassemble des attentes différentes, parfois contradictoires.Une partie du non défend la souveraineté nationale, face à des institutions perçues comme trop éloignées des citoyens. Une autre réclame une Europe plus sociale, capable de protéger les emplois et les services publics. Après l’élargissement de 2004, les craintes de délocalisations et de concurrence salariale pèsent dans le débat. Le référendum exprime aussi une sanction contre Jacques Chirac et son gouvernement. Il traverse ainsi les partis : au Parti socialiste, François Hollande soutient le oui, tandis que Laurent Fabius défend le non.Enfin, ce résultat marque la fin de l’évidence selon laquelle l’intégration européenne servirait nécessairement la puissance française. La France découvre qu’elle ne peut pas toujours façonner l’Europe à son image. La ratification parlementaire du traité de Lisbonne en 2008, reprenant une grande partie des réformes institutionnelles rejetées, nourrit ensuite une défiance démocratique, même si les deux traités ne sont pas identiques. De Schuman à Macron, l’ambition européenne reste donc confrontée à la même question : comment construire une puissance commune sans donner aux citoyens le sentiment de perdre leur voix ?
