Retour à la fiche
    Question d'oral

    Quels sont les arguments pour et contre le multivers en cosmologie (scientifiques et épistémologiques) ?

    Réponse d'oral

    Les arguments pour et contre le multivers en cosmologie portent sur sa cohérence avec certaines théories physiques, mais surtout sur la possibilité de le tester scientifiquement. Le multivers désigne l’hypothèse selon laquelle notre Univers observable ne serait qu’une région parmi d’autres, éventuellement soumises à des lois différentes. Son principal appui vient de certains modèles d’inflation cosmique, une expansion extrêmement rapide de l’Univers primordial. Dans leurs versions dites « éternelles », ce mécanisme produirait plusieurs univers, comme des bulles. Mais attention : les observations compatibles avec l’inflation ne prouvent pas l’existence de ces autres univers.
    Un autre argument concerne le réglage fin : certaines constantes physiques semblent appartenir à des plages permettant la formation d’étoiles et l’apparition de la vie. Si de nombreux univers présentent des constantes différentes, il devient moins surprenant que nous habitions l’un des univers habitables. C’est un raisonnement de sélection : aucun observateur ne peut se découvrir dans un univers interdisant son existence. Toutefois, cet argument ne constitue pas une preuve et suppose de savoir quelles valeurs sont possibles, et avec quelles probabilités.
    L’objection majeure est donc la testabilité. Comment vérifier l’existence d’univers dont aucun signal ne nous parvient ? Le satellite Planck, lancé en 2009, a cartographié le rayonnement émis environ 380 000 ans après le Big Bang, sans établir de preuve du multivers. Sur le plan épistémologique, une conséquence inaccessible d’une théorie bien testée ailleurs peut rester scientifiquement pertinente ; mais une hypothèse compatible avec toute observation risque de ne rien expliquer précisément. Le multivers nous oblige ainsi à demander jusqu’où la science peut parler de ce qu’elle ne peut observer.