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    Question d'oral

    La “courbe de Phillips” (inflation/chômage) est-elle une loi ou une relation fragile ? Dans quels contextes se casse-t-elle ?

    Réponse d'oral

    La courbe de Phillips, qui relie inflation et chômage, est une relation fragile, pas une loi économique universelle : elle dépend du contexte et des anticipations. En 1958, l’économiste William Phillips observe au Royaume-Uni une relation inverse entre chômage et hausse des salaires. L’idée est simple : quand les entreprises recrutent beaucoup, les candidats deviennent plus rares et peuvent négocier de meilleurs salaires. Si les entreprises répercutent ces coûts sur leurs prix, l’inflation augmente. À court terme, une demande plus forte peut donc réduire le chômage tout en accélérant la hausse des prix.
    Mais cette relation se casse notamment lors des chocs d’offre. Après le choc pétrolier de 1973, l’énergie devient plus chère : les entreprises augmentent leurs prix, réduisent leur production et embauchent moins. Inflation et chômage progressent ensemble. C’est la stagflation. Autre limite : les anticipations. Si les salariés prévoient une inflation durable, ils réclament des hausses de salaire pour préserver leur pouvoir d’achat. Une politique de relance ne permet alors pas de maintenir indéfiniment un chômage plus faible : son effet sur l’emploi s’efface, tandis que l’inflation persiste.
    La courbe peut aussi devenir presque plate : avant la pandémie, plusieurs économies connaissent un chômage faible sans forte inflation. La concurrence internationale, le pouvoir de négociation limité des salariés et des anticipations de prix stables contribuent à l’expliquer. La courbe de Phillips reste donc un outil de raisonnement, utile mais conditionnel. Plutôt que de choisir mécaniquement entre inflation et chômage, ne faut-il pas d’abord comprendre ce qui fait monter les prix ?