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    Question d'oral

    Surréalisme (1924) : quel lien entre art, rêve, inconscient et politique ?

    Réponse d'oral

    Le surréalisme, défini par André Breton en 1924, relie l’art, le rêve, l’inconscient et la politique par une même ambition : libérer l’être humain des limites de la raison et des contraintes sociales. Dans son Manifeste du surréalisme, Breton propose de rapprocher le rêve et la réalité plutôt que de les opposer. Marqués par la Première Guerre mondiale, les surréalistes contestent une civilisation qui se dit rationnelle mais produit des massacres. L’art devient pour eux un moyen de transformer le regard, mais aussi la vie.
    Inspirés par Freud, ils explorent l’inconscient, c’est-à-dire les désirs et les associations qui échappent à notre contrôle. L’écriture automatique, le dessin spontané ou le collage permettent de faire surgir des rencontres inattendues. Pourtant, une œuvre surréaliste n’est pas forcément réalisée sans réflexion : elle peut être soigneusement construite pour troubler. Dans La Persistance de la mémoire de Salvador Dalí, peinte en 1931, des montres molles semblent fondre dans un paysage désert. Cet objet familier devenu impossible évoque la logique du rêve, où les règles ordinaires disparaissent.
    Cette libération intérieure rejoint une volonté de révolution sociale. Plusieurs surréalistes se rapprochent du communisme ; Breton adhère au Parti communiste français en 1927. Mais les tensions sont fortes : comment préserver la liberté artistique lorsqu’un parti veut orienter la création ? Le surréalisme n’est donc ni une simple peinture du bizarre, ni un programme politique unique. Il invite encore à se demander si changer nos images peut contribuer à changer le monde.