Retour à la fiche
    Question d'oral

    Que distingue l'école de Bruxelles de l'école de Marcinelle ?

    Réponse d'oral

    L’école de Bruxelles se distingue de l’école de Marcinelle par la ligne claire, qui privilégie la lisibilité et la précision, tandis que Marcinelle favorise un dessin plus souple, expressif et dynamique. Autour d’Hergé et du journal Tintin, fondé en 1946, Bruxelles développe des contours nets, des décors soignés et une mise en scène facile à suivre. Les couleurs sont généralement posées en aplats : des surfaces uniformes, sans dégradés. Chez Hergé, une voiture ou un bâtiment restent aussi reconnaissables que les personnages. Dans On a marché sur la Lune, publié en 1954, la précision des équipements rend ainsi l’aventure crédible. Edgar P. Jacobs, avec Blake et Mortimer, et Jacques Martin, avec Alix, appartiennent à cette famille, même si chacun possède son style.
    L’école de Marcinelle, liée au journal Spirou, créé en 1938, mise davantage sur le mouvement et l’énergie comique. Chez Franquin, Jijé, Morris ou Peyo, les silhouettes se déforment plus volontiers, les gestes s’amplifient et les expressions sautent aux yeux. Un exemple parlant : lorsque Gaston Lagaffe provoque une catastrophe, tout semble bondir dans la case, des personnages aux objets. Le dessin fait presque entendre le choc !
    Cette opposition reste toutefois un repère, pas une frontière étanche. Bruxelles sait faire rire, et Marcinelle sait construire des aventures rigoureuses. Les deux écoles partagent surtout un art du récit destiné à un large public et ont façonné la bande dessinée franco-belge. Leur différence invite finalement à se demander comment un simple trait peut changer notre manière de vivre une histoire.