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    Question d'oral

    Faut-il autoriser de nouvelles aventures de Tintin après la mort de son auteur ?

    Réponse d'oral

    Autoriser de nouvelles aventures de Tintin après la mort d’Hergé peut sembler séduisant, mais respecter le refus exprimé par son auteur me paraît prioritaire. Hergé, mort en 1983, estimait que Tintin était trop lié à lui pour être poursuivi par un autre. Ce choix distingue sa création de séries comme Spirou et Fantasio, transmises à plusieurs dessinateurs. Certes, les Studios Hergé, fondés en 1950, montrent que les albums étaient aussi le fruit d’un travail collectif. Mais des collaborateurs travaillant sous sa direction ne remplacent pas un auteur décidant du sens de ses histoires.
    Les partisans d’une reprise ont pourtant un argument solide : un personnage peut survivre à son créateur et parler à de nouvelles générations. La ligne claire, avec ses contours nets et ses couleurs en aplats, peut être apprise. Cependant, reproduire un dessin ne suffit pas à retrouver un regard. Dans Le Lotus bleu, publié en album en 1936, la rencontre avec Tchang nourrit une représentation de la Chine moins prisonnière des clichés européens. À l’inverse, Tintin au Congo porte des stéréotypes racistes et coloniaux. Une suite modernisée ne ferait pas disparaître ces zones d’ombre.
    Je privilégierais donc la transmission critique plutôt qu’une continuation officielle : rendre les albums accessibles, expliquer leur époque et encourager des créations originales nourries de cet héritage. Il faut aussi distinguer ce que les ayants droit peuvent légalement autoriser de ce qui paraît souhaitable culturellement. Faire vivre Tintin signifie-t-il nécessairement lui inventer un avenir, ou apprendre à mieux regarder les aventures qu’il nous a laissées ?