Retour à la fiche
    Question d'oral

    La “révolution marginaliste” (années 1870) change quoi dans la manière de penser la valeur et le prix ?

    Réponse d'oral

    La « révolution marginaliste » des années 1870 change la manière de penser la valeur et le prix : elle met au premier plan l’utilité marginale, c’est-à-dire la satisfaction apportée par une unité supplémentaire d’un bien, plutôt que le travail nécessaire à sa production. William Stanley Jevons et Carl Menger en 1871, puis Léon Walras à partir de 1874, développent cette nouvelle approche. Chez les classiques, notamment Ricardo, le travail occupait une place centrale dans l’explication de la valeur des biens reproductibles. Les marginalistes déplacent le regard vers les besoins des consommateurs et la rareté des biens disponibles.
    Un exemple permet de comprendre : après une longue marche, le premier verre d’eau procure une satisfaction immense. Le cinquième, beaucoup moins. C’est le principe de l’utilité marginale décroissante. Il éclaire le paradoxe de l’eau et du diamant : l’eau est indispensable à la vie, mais généralement abondante ; le diamant est moins utile globalement, mais rare. Ce n’est donc pas l’utilité totale qui explique la valeur d’échange, mais l’importance accordée à une unité supplémentaire dans une situation donnée.
    Le prix ne devient pas pour autant une simple affaire de préférence individuelle. Il se forme par la rencontre de l’offre et de la demande, avec les contraintes de production et de revenu. Le changement décisif consiste à raisonner « à la marge » : faut-il acheter ou produire une unité de plus ? Cette démarche favorise la formalisation mathématique de l’économie, particulièrement chez Walras. Elle invite aussi à se demander si le prix de marché reflète vraiment l’importance sociale d’un bien.