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    Question d'oral

    Pourquoi Aristote qualifie-t-il l’homme d’“animal politique”, et que dit cette formule sur les institutions ?

    Réponse d'oral

    Aristote qualifie l’homme d’« animal politique » parce qu’il considère que la vie dans une cité permet aux êtres humains d’accomplir leur nature : vivre ensemble selon des règles et discuter du juste et de l’injuste. Dans les Politiques, au IVe siècle avant notre ère, il distingue la simple survie de la « vie bonne ». La famille satisfait les besoins quotidiens ; la cité permet de construire une existence commune orientée vers le bien. L’homme n’est donc pas seulement sociable, comme les abeilles. Il possède le logos, c’est-à-dire la parole raisonnée, qui permet de débattre de ce qui est utile, nuisible ou juste.
    Cette formule signifie que les institutions ne servent pas uniquement à maintenir l’ordre. Elles organisent la délibération, la justice et l’exercice du pouvoir. Elles donnent une forme concrète à la communauté politique. À Athènes, par exemple, l’ecclésia réunit les citoyens pour décider notamment de la guerre et voter des décisions collectives. Aristote définit d’ailleurs le citoyen par sa participation aux fonctions de jugement et de gouvernement. Être citoyen, ce n’est donc pas seulement habiter un territoire : c’est prendre part aux affaires communes.
    Mais cette pensée a une limite majeure : la citoyenneté antique est très sélective. À Athènes, les femmes, les esclaves et les étrangers résidents sont exclus des droits politiques. Aristote justifie lui-même certaines de ces hiérarchies. Sa formule ne proclame donc pas l’égalité universelle : elle invite à examiner qui participe réellement au pouvoir. Une institution peut-elle viser le bien commun si une partie de la population n’a pas voix au chapitre ?