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    Question d'oral

    Peut-on opposer l'expérience d'un concert live et l'écoute d'un album sur Spotify avec les outils de Walter Benjamin ?

    Réponse d'oral

    Oui, on peut opposer l’expérience d’un concert live et l’écoute d’un album sur Spotify avec les outils de Walter Benjamin, notamment les notions d’aura et de reproductibilité technique. Dans son essai publié en 1936, Benjamin explique que la reproduction transforme notre rapport aux œuvres. Le concert possède un « ici et maintenant » : une voix peut trembler, un musicien improviser, le public chanter. Ce moment ne reviendra jamais exactement à l’identique. À l’inverse, Spotify permet de réécouter le même enregistrement, partout et à toute heure. L’œuvre vient à nous, sans exiger notre présence dans un lieu particulier.
    Prenons le concert de Queen au Live Aid, à Wembley, le 13 juillet 1985. Être dans le stade lorsque Freddie Mercury entraîne la foule ne revient pas à écouter aujourd’hui un enregistrement de cette prestation. La présence physique et l’énergie collective donnent au concert une singularité proche de l’aura. Mais Benjamin n’invite pas simplement à préférer l’original à sa reproduction. La diffusion élargit l’accès à la musique : elle renforce sa valeur d’exposition, c’est-à-dire sa capacité à être entendue par un public plus vaste.
    Il faut cependant nuancer cette opposition. Un album n’est pas forcément la copie appauvrie d’un concert : le montage, les effets et les superpositions sonores en font une création propre. De même, un concert amplifié, filmé et retransmis est déjà traversé par la technique. L’essentiel est donc moins de hiérarchiser deux écoutes que de comprendre leurs possibilités différentes. Aujourd’hui, la question est aussi de savoir comment les plateformes orientent ce que nous découvrons et partageons.