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    Question d'oral

    Peut-on faire fortune avec un logiciel que tout le monde peut copier ?

    Réponse d'oral

    Oui, on peut faire fortune avec un logiciel libre que tout le monde peut copier, mais en vendant surtout des services plutôt qu’un accès exclusif au programme. « Libre » ne signifie pas « gratuit » : le logiciel peut être vendu. Cependant, ses utilisateurs peuvent légalement le redistribuer, y compris gratuitement. La valeur commerciale se déplace donc vers ce qui accompagne le logiciel : installation, maintenance, hébergement, formation ou garanties de sécurité. Une entreprise paie alors pour gagner du temps et disposer d’une assistance fiable.
    L’exemple de Red Hat est parlant : cette entreprise commercialise des abonnements autour de logiciels libres, notamment Linux. En 2019, IBM l’a rachetée pour environ 34 milliards de dollars. Ce montant montre qu’un code partageable peut soutenir une activité très rentable. Mais Richard Stallman, qui lance le projet GNU en 1983, défend d’abord les libertés des utilisateurs, pas une recette pour devenir milliardaire. Le copyleft, notamment dans la licence GPL, oblige à préserver ces libertés lorsqu’on redistribue des versions modifiées : il n’interdit ni la vente ni le profit.
    Cette logique rejoint celle des communs numériques : partager une ressource n’empêche pas de créer de la valeur autour d’elle. Wikipédia, lancée en 2001, fonctionne toutefois selon un modèle non lucratif, largement financé par des dons. Tout commun n’a donc pas vocation à enrichir une entreprise. Le vrai enjeu est de rémunérer le travail sans confisquer la ressource collective. Reste à savoir comment répartir équitablement les richesses produites grâce aux contributions de tous.